{"id":7814,"date":"2020-01-28T20:00:20","date_gmt":"2020-01-28T20:00:20","guid":{"rendered":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/?p=7814"},"modified":"2020-01-28T20:00:20","modified_gmt":"2020-01-28T20:00:20","slug":"le-voyage-est-plus-beau-que-la-destination","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/?p=7814","title":{"rendered":"Le voyage est plus beau que la destination"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Logo-FORUMOPERA.com_.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-7700 size-medium\" src=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Logo-FORUMOPERA.com_-300x95.png\" alt=\"Logo FORUMOPERA.com\" width=\"300\" height=\"95\" srcset=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Logo-FORUMOPERA.com_-300x95.png 300w, https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Logo-FORUMOPERA.com_.png 365w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h6><span style=\"color: rgb(0, 0, 128);\"><a href=\"https:\/\/www.forumopera.com\/lile-du-reve-munich-le-voyage-est-plus-beau-que-la-destination\" target=\"_blank\"><span style=\"color: rgb(0, 0, 128);\">https:\/\/www.forumopera.com\/lile-du-reve-munich-le-voyage-est-plus-beau-que-la-destination<\/span><\/a><\/span><\/h6>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1 class=\"titre_spectacle\" style=\"font-weight: inherit; color: #000000;\">L&rsquo;Ile du r\u00eave &#8211; Munich<\/h1>\n<div class=\"date\" style=\"color: #798b96;\">Par<strong>\u00a0<\/strong><span style=\"color: #000080;\"><strong><a class=\"username\" style=\"color: #3c454a;\" title=\"Voir le profil utilisateur.\" xml:lang=\"\" href=\"https:\/\/www.forumopera.com\/auteurs\/laurent-bury\" target=\"_blank\"><span style=\"color: #000080;\">Laurent Bury<\/span><\/a><\/strong>\u00a0<\/span>| mar 28 Janvier 2020 |<\/div>\n<div class=\"date\" style=\"color: #798b96;\"><\/div>\n<div class=\"content clearfix\" style=\"color: #3b3b3b;\">\n<div class=\"field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden\">\n<div class=\"field-items\">\n<div class=\"field-item even\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Il arrive que l&rsquo;on prenne plus de plaisir au trajet qu&rsquo;au s\u00e9jour o\u00f9 il conduit, la destination finale d\u00fbt-elle \u00eatre aussi paradisiaque que Bora-Bora. Cette saison, le Palazzetto Bru Zane honore la m\u00e9moire de Reynaldo Hahn. L\u2019entreprise a d\u00e9j\u00e0 fort bien commenc\u00e9 avec une int\u00e9grale des m\u00e9lodies du compositeur. Elle se poursuit avec la reprise de son tout premier op\u00e9ra,\u00a0<em>L\u2019Ile du r\u00eave<\/em>, d\u2019apr\u00e8s Pierre Loti. Selon des sources bien plac\u00e9es, le Centre romantique fran\u00e7ais aurait voulu associer cette \u0153uvre courte (\u00e0 peine une heure) \u00e0 deux autres br\u00e8ves partitions dramatiques de Hahn,\u00a0<em>La Colombe de Bouddha<\/em>\u00a0(1921) et\u00a0<em>La Reine de Sheba<\/em>\u00a0(1924). Cela aurait donn\u00e9 au programme une belle coh\u00e9rence, et aurait \u00e9vit\u00e9 toute comparaison entre le voyage initial et son point d&rsquo;arriv\u00e9e, mais les organisateurs du concert munichois ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 en rester \u00e0 un seul titre, mais il fallait bien que la soir\u00e9e soit un peu plus longue, et il a donc \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de pr\u00e9c\u00e9der l\u2019op\u00e9ra d\u2019un bouquet de m\u00e9lodies dues \u00e0 Reynaldo Hahn et surtout \u00e0 son ma\u00eetre Massenet (les deux Faur\u00e9 se justifient un peu moins).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Six solistes \u00e9tant pr\u00e9vus pour l\u2019op\u00e9ra, quatre d\u2019entre eux se sont d\u00e9vou\u00e9s pour la premi\u00e8re partie. Mais d\u2019abord, le M\u00fcnchner Rundfunkorchester propose l\u2019ouverture de\u00a0<em>Mozart<\/em>, pi\u00e8ce \u00e9crite par Sacha Guitry et o\u00f9 Yvonne Printemps jouait et chantait le r\u00f4le du jeune Wolfgang. Sous la direction vitamin\u00e9e d\u2019<strong>Herv\u00e9 Niquet<\/strong>, on entend bien que cette musique ressemble \u00e0 du M\u2026 essager plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 du Mozart, mais c\u2019est tr\u00e8s bien comme \u00e7a, et il est assez logique que cette \u00ab\u00a0com\u00e9die musicale\u00a0\u00bb de 1925 sonne comme\u00a0<em>L\u2019Amour masqu\u00e9<\/em>.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Cyrille Dubois\u00a0<\/strong>ouvre la partie chant\u00e9 avec un bouquet de trois Massenet. Divine surprise\u00a0: malgr\u00e9 la niaiserie des po\u00e8mes, l\u2019orchestration est magnifique, digne de\u00a0<em>Werther<\/em>, et il ne s\u2019agit en rien de z\u00e8le d\u2019un arrangeur soucieux de faire un \u00e0-la-mani\u00e8re-de. La soir\u00e9e n\u2019inclut en effet que des m\u00e9lodies orchestr\u00e9es par les compositeurs eux-m\u00eames. Tout fr\u00e9missant d\u2019\u00e9motion, se dressant sur ses ergots pour darder ses aigus, le t\u00e9nor s\u2019attire \u00e0 chaque fois une pluie d\u2019applaudissements m\u00e9rit\u00e9s. Vient ensuite\u00a0<strong>Ana\u00efk Morel<\/strong>, et l\u2019enchantement ne se poursuit pas moins, m\u00eame si les m\u00e9lodies retenues pour la mezzo sont moins exalt\u00e9es\u00a0: on admire notamment les notes spectrales confi\u00e9es au Souvenir dans \u00ab\u00a0Le po\u00e8te et le fant\u00f4me\u00a0\u00bb, o\u00f9 la ferveur qui se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 la toute fin du badinage d\u2019 \u00ab\u00a0On dit\u00a0\u00bb. La soprano\u00a0<strong>Ludivine Gombert<\/strong>\u00a0fait valoir un timbre riche, mis en valeur par l\u2019alternance constante d\u2019aigus et de graves dans les Massenet, et l\u2019on savoure la mani\u00e8re dont Faur\u00e9 a traduit \u00e0 l\u2019orchestre les bruissements du paysage verlainien.\u00a0<strong>Thomas Doli\u00e9<\/strong>\u00a0nous prouve que, sans tout \u00e0 fait atteindre la g\u00e9niale version de Berlioz, la \u00ab\u00a0Chanson du p\u00eacheur\u00a0\u00bb du m\u00eame Faur\u00e9 (\u00ab\u00a0Ma belle amie est morte\u00a0\u00bb) ne s\u2019en situe pas moins sur les sommets. Ana\u00efk Morel revient pour l\u2019exquis duo \u00ab\u00a0Les Fleurs\u00a0\u00bb, et le baryton conclut seul cette premi\u00e8re partie avec un Massenet qui lorgne vers le Rossini de \u00ab\u00a0La Danza\u00a0\u00bb et vers \u00ab\u00a0Funiculi, funicula\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Apr\u00e8s l\u2019entracte, vient ce qui devrait \u00eatre le morceau de r\u00e9sistance, mais qui se r\u00e9v\u00e8le finalement un rien en dessous de tout ce qu\u2019on vient d\u2019entendre. Difficile, en effet, de confronter le premier essai th\u00e9\u00e2tral d\u2019un compositeur aux meilleures m\u00e9lodies de son ma\u00eetre, d\u2019un autre de ses a\u00een\u00e9s, ou m\u00eame \u00e0 celles de Reynaldo Hahn lui-m\u00eame.\u00a0<em>L\u2019Ile du r\u00eave<\/em>\u00a0est une partition pleine de charme m\u00e9lodique, mais un peu d\u00e9pourvue d\u2019un vrai ressort dramatique, et cette \u00ab\u00a0idylle polyn\u00e9sienne\u00a0\u00bb n\u2019acquiert qu\u2019au dernier de ses trois brefs actes le degr\u00e9 de passion qu\u2019on peut en esp\u00e9rer.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">On est cependant heureux d\u2019entendre dans son entier l\u2019orchestration voulue par le jeune Hahn, car la version mont\u00e9e en 2016 \u00e0 Rochefort\u00a0<a style=\"color: #0d7dc2;\" href=\"https:\/\/www.forumopera.com\/lile-du-reve-paris-athenee-lesprit-des-morts-veille-t-il\"><span style=\"color: #000000;\">et \u00e0 Paris<\/span><\/a>\u00a0proposait une r\u00e9duction pour formation de chambre. Reynaldo savait orchestrer, cela s\u2019entend dans l\u2019exotisme discret de sa partition, et notamment dans les pr\u00e9ludes des diff\u00e9rents actes, aux caract\u00e8res divers (n\u00e9oclassique pour sugg\u00e9rer l\u2019atmosph\u00e8re pieuse du deuxi\u00e8me, temp\u00e9tueux pour le troisi\u00e8me o\u00f9 doit se d\u00e9nouer l\u2019intrigue).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>H\u00e9l\u00e8ne Guilmette\u00a0<\/strong>fait enfin son entr\u00e9e, et comble les attentes tant sa Mah\u00e9nu se r\u00e9v\u00e8le fra\u00eeche et espi\u00e8gle d&rsquo;abord, tendre et touchante bient\u00f4t. Autre artiste que l\u2019on n\u2019a pas entendu dans la premi\u00e8re partie,\u00a0<strong>Artavazd Sargsyan\u00a0<\/strong>confirme tout son talent de diseur, pr\u00eatant une voix claironnante au ridicule marchand chinois. Leurs quatre coll\u00e8gues reviennent tour \u00e0 tour, Cyrille Dubois pr\u00eatant une touchante fragilit\u00e9 au premier r\u00f4le masculin, Ana\u00efk Morel royale en princesse Or\u00e9na, Ludivine Gombert conf\u00e9rant une \u00e9paisseur tragique \u00e0 la br\u00e8ve sc\u00e8ne de T\u00e9ria, et Thomas Doli\u00e9 impressionnant en p\u00e8re adoptif de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne, plong\u00e9 dans sa lecture de la Bible. Compl\u00e9tant cette distribution, le\u00a0<strong>Choeur du Concert spirituel\u00a0<\/strong>s\u00e9duit \u00e0 chaque intervention, par la puret\u00e9 des voix f\u00e9minines (les compagnes de Mah\u00e9n) comme par la robustesse des voix masculines (les marins fran\u00e7ais pr\u00eats \u00e0 repartir en m\u00e9tropole).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Sans doute le disque \u00e0 venir, o\u00f9\u00a0<em>L&rsquo;Ile du r\u00eave<\/em>\u00a0sera coupl\u00e9e avec une op\u00e9rette de la maturit\u00e9 de Reynaldo Hahn,\u00a0<em>O mon bel inconnu<\/em>, permettra-t-il une \u00e9coute plus approfondie, et une appr\u00e9ciation plus fine des charmes de Bora-Bora r\u00eav\u00e9s par le compositeur.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; https:\/\/www.forumopera.com\/lile-du-reve-munich-le-voyage-est-plus-beau-que-la-destination &nbsp; L&rsquo;Ile du r\u00eave &#8211; Munich Par\u00a0Laurent Bury\u00a0| mar 28 Janvier 2020 | Il arrive que l&rsquo;on prenne plus de plaisir au trajet qu&rsquo;au s\u00e9jour o\u00f9 il conduit, la destination finale d\u00fbt-elle \u00eatre aussi paradisiaque que Bora-Bora. 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