{"id":6094,"date":"2018-11-27T22:47:17","date_gmt":"2018-11-27T22:47:17","guid":{"rendered":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/?p=6094"},"modified":"2018-11-30T12:46:30","modified_gmt":"2018-11-30T12:46:30","slug":"proust-et-reynaldo-hahn-une-relation-rehabilitee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/?p=6094","title":{"rendered":"Proust et Reynaldo Hahn : une relation r\u00e9habilit\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/Logo-NONFICTION.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-6092 size-medium\" src=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/Logo-NONFICTION-300x79.png\" alt=\"Logo NONFICTION\" width=\"300\" height=\"79\" srcset=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/Logo-NONFICTION-300x79.png 300w, https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/Logo-NONFICTION.png 331w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><span style=\"color: #000080;\">Christian Ehrmann nous sugg\u00e8re de <span style=\"color: #000000;\">lire la critique de Vincent Giroud sur :<\/span><\/span><\/h5>\n<h5><span style=\"color: #000000;\">\u00ab <em>Marcel Proust et Reynaldo Hahn. Une cr\u00e9ation \u00e0 quatre mains<\/em> \u00bb\u00a0<span style=\"color: #000000;\">de Luc Fraisse, Jean-Christophe Branger, Philippe Blay.\u00a0<\/span><\/span><\/h5>\n<h5><span style=\"color: #000000;\">\u00c9diteur : Classiques Garnier. Collection : Biblioth\u00e8que proustienne.<\/span><\/h5>\n<h5><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><\/h5>\n<h5><span style=\"color: #000000;\">Dans cette critique de l\u2019ouvrage en question, au 3e chapitre intitul\u00e9\u00a0 <span style=\"color: #000000;\"><strong>\u00ab L\u2019\u00e9crivain m\u00e9lomane et le compositeur savant \u00bb\u00a0<\/strong>l\u2019auteur cite Loti \u00e0 propos de l\u2019op\u00e9ra <em>L\u2019\u00eele du r\u00eave.<\/em><\/span><\/span><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/proustreynalo.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-6093 size-full\" src=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/proustreynalo.png\" alt=\"proustreynalo\" width=\"1008\" height=\"502\" srcset=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/proustreynalo.png 1008w, https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/proustreynalo-300x149.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 1008px) 100vw, 1008px\" \/><\/a><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Longtemps ignor\u00e9e, voire dissimul\u00e9e, la relation suivie entre Marcel Proust et Reynaldo Hahn a profond\u00e9ment model\u00e9 aussi bien l&rsquo;oeuvre de l&rsquo;\u00e9crivain que celle du compositeur. <\/strong><\/span><\/h4>\n<h6><span style=\"color: #000080;\"><a href=\"https:\/\/www.nonfiction.fr\/fiche-perso-261-vincent-giroud.htm\"><span style=\"color: #000080;\">Vincent GIROUD<\/span><\/a><\/span><\/h6>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">On a pu nagu\u00e8re \u00e9crire un essai enti\u00e8rement consacr\u00e9 \u00e0 Proust et la musique sans mentionner une seule fois le nom de Reynaldo Hahn. Les relations, d\u2019abord amoureuses, puis d\u2019amiti\u00e9 \u00e9troite et, pourrait-on dire, de complicit\u00e9 entre les deux hommes \u00e9taient pourtant bien connues, surtout depuis la parution, en 1956, de la plus grande partie des lettres de Proust \u00e0 Hahn (celles de ce dernier ont presque toutes disparu, semble-t-il, dans l\u2019autodaf\u00e9 qui suivit la mort de Robert Proust, fr\u00e8re cadet de l\u2019\u00e9crivain, en 1935, la famille \u00e9tant r\u00e9solue \u00e0 \u00e9liminer toute trace de la vie priv\u00e9e de l\u2019auteur de la <em>Recherche<\/em>). Dans son spirituel et instructif avant-propos \u00e0 l\u2019ouvrage qui nous occupe, Eva de Vengohechea, arri\u00e8re-petite ni\u00e8ce par alliance et ayant-droit de Hahn, va jusqu\u2019\u00e0 regretter la publication de cette correspondance, amput\u00e9e de la voix du musicien, et dont elle rappelle la consternation qui l\u2019accueillit alors, m\u00eame parmi les proustiens les plus convaincus.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Ces lettres, int\u00e9gr\u00e9es depuis aux vingt et un volumes de la correspondance de Proust \u00e9dit\u00e9e par les soins du m\u00eame Philip Kolb chez Plon entre 1970 et 1993, sont pourtant extraordinairement \u00e9clairantes sur cette relation capitale, et que Philippe Blay a parfaitement caract\u00e9ris\u00e9e en parlant de rapports presque maritaux. Si cette relation a pu consterner en 1956, et \u00eatre pass\u00e9e sous silence en 1984, la raison principale en est \u00e0 chercher dans l\u2019opprobre qui s\u2019attachait encore \u00e0 la reconnaissance et \u00e0 la discussion de l\u2019homosexualit\u00e9, en mati\u00e8re de culture comme ailleurs, et dont les \u00e9tudes proustiennes \u00e9taient loin d\u2019\u00eatre exemptes : de cette homophobie, on trouvera de fameux exemples dans les souvenirs de C\u00e9leste Albaret \u2013 souvenirs recueillis, il n\u2019est peut-\u00eatre pas inopportun de le rappeler, par un ex-sous-secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat \u00e0 la Jeunesse de Vichy\u00a0.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>De la musique en litt\u00e9rature<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Une autre raison, non moins insidieuse, explique pourquoi l\u2019importance de la relation Hahn-Proust a \u00e9t\u00e9 si longtemps m\u00e9connue : le discr\u00e9dit dont est traditionnellement victime la musique fran\u00e7aise parmi les milieux intellectuels fran\u00e7ais. Or, paradoxalement, Hahn, n\u00e9 \u00e0 Caracas d\u2019un p\u00e8re allemand et d\u2019une m\u00e8re v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne, a peut-\u00eatre souffert davantage de ce discr\u00e9dit du fait m\u00eame qu\u2019il s\u2019est \u00ab choisi \u00bb fran\u00e7ais. En outre, comme Philippe Blay et Jean-Christophe Branger le montrent dans leurs contributions respectives au pr\u00e9sent volume, sa qualit\u00e9 d\u2019\u00e9l\u00e8ve favori de Massenet, l\u2019\u00e9tiquette de \u00ab musicien de salon \u00bb dont il a \u00e9t\u00e9 affubl\u00e9 (comme si Proust, parce qu\u2019il les a fr\u00e9quent\u00e9s, pouvait \u00eatre qualifi\u00e9 \u00ab d&rsquo;\u00e9crivain de salon \u00bb), son rayonnement international en tant que chef d\u2019orchestre lyrique, son impressionnante activit\u00e9 de critique musical, son d\u00e9dain pour les modes et les chapelles, le fait qu\u2019apr\u00e8s avoir v\u00e9cu dans une semi-clandestinit\u00e9 pendant l\u2019Occupation il ait termin\u00e9 sa carri\u00e8re comme directeur de l\u2019Op\u00e9ra, rien de tout cela n\u2019encourageait \u00e0 d\u00e9passer les id\u00e9es re\u00e7ues et les pr\u00e9jug\u00e9s esth\u00e9tiques sur lesquels on vivait complaisamment.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Or, comme le d\u00e9montre magistralement le livre dont il est ici rendu compte, Hahn a \u00e9t\u00e9, de tous les proches de Proust, celui dont il a \u00e9t\u00e9 le plus proche, non seulement au niveau affectif mais intellectuellement, et c\u2019est aujourd\u2019hui seulement que l\u2019on peut mesurer l\u2019influence qu\u2019il a jou\u00e9e dans l\u2019\u00e9laboration de l\u2019\u0153uvre proustien. Pour ce faire, en pleine connaissance de cause (et des sources, dont certaines ne sont accessibles que depuis peu), il fallait la coop\u00e9ration de deux musicologues, dont l\u2019un, Philippe Blay, est le grand sp\u00e9cialiste actuel de Hahn, et d\u2019un sp\u00e9cialiste de Proust de non moindre envergure en la personne de Luc Fraisse. Ce livre \u00e0 trois voix et en six sections en est le r\u00e9sultat.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>L\u2019\u00e9crivain m\u00e9lomane et le compositeur savant<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Au moment o\u00f9 Proust fait la connaissance de Hahn, en mai 1894, dans l\u2019atelier de Madeleine Lemaire, le futur auteur de la <em>Recherche<\/em> n\u2019a \u00e0 son actif que quelques chroniques parues dans des revues \u00e0 faible diffusion. Le jeune compositeur de 19 ans, en revanche, a d\u00e9j\u00e0 connu le succ\u00e8s avec ses premi\u00e8res m\u00e9lodies (dont on peut noter qu\u2019elles figurent toujours, partout dans le monde, parmi les classiques de la m\u00e9lodie fran\u00e7aise) et ach\u00e8ve la composition d\u2019un op\u00e9ra, <em><span style=\"color: #ff0000;\">L\u2019\u00cele du <span style=\"color: #ff0000;\"><em>r\u00eave<\/em>, <span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #ff0000;\">adapt\u00e9 du <em>Mariage de Loti<\/em>,<\/span> <span style=\"color: #000000;\">qui sera cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique en 1898. Philippe Blay retrace dans un premier chapitre ces quatre ann\u00e9es durant lesquelles les deux jeunes gens ont connu leur relation amoureuse, qui prend fin avant l\u2019\u00e9t\u00e9 1896, et ce que l\u2019auteur appelle une \u00ab intimit\u00e9 studieuse \u00bb, dont t\u00e9moignent <em>Les Plaisirs et les Jours<\/em>, publi\u00e9 en 1896, et une \u0153uvre conjointe, <em>Portraits de peintre<\/em>, quatre po\u00e8mes de Proust, chacun accompagn\u00e9 d\u2019une pi\u00e8ce pour piano de Hahn. Hahn est \u00e9galement au c\u0153ur du roman autobiographique que Proust met en chantier en 1895 et laissera inachev\u00e9\u00a0. Cette m\u00eame p\u00e9riode est \u00e9voqu\u00e9e au chapitre suivant par Luc Fraisse, en se fondant sur l\u2019importante correspondance (aujourd\u2019hui \u00e0 Harvard) de Hahn avec Madeleine Lemaire \u2013 mod\u00e8le av\u00e9r\u00e9, et ais\u00e9ment reconnaissable, de la Mme Verdurin de la <em>Recherche \u2013 <\/em>et sa fille Suzette.<\/span><\/span><\/span><\/span><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Les troisi\u00e8me et quatri\u00e8me sections du livre, dues \u00e0 Jean-Christophe Branger, traitent des relations crois\u00e9es entre Hahn, Proust et Massenet (lequel semble avoir parfaitement saisi la nature des rapports entre son \u00e9l\u00e8ve et l\u2019\u00e9crivain) et de la pr\u00e9sence de Massenet dans la vie et l\u2019\u0153uvre de Proust \u2013 pr\u00e9sence ambigu\u00eb, mais plus subtile qu\u2019on ne l\u2019a reconnu, puisqu\u2019une note d\u2019un carnet pr\u00e9paratoire \u00e0 <em>Du c\u00f4t\u00e9 de chez Swann<\/em> r\u00e9v\u00e8le que le <em>Clair de lune <\/em>de <em>Werther <\/em>est l\u2019une des nombreuses sources musicales qui ont inspir\u00e9 les d\u00e9veloppements touchant la \u00ab petite phrase \u00bb de Vinteuil.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<strong>Deux \u00e9coutes de Wagner<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">La cinqui\u00e8me section, \u00ab Portraits de musiciens \u00bb, reprend et enrichit, \u00e0 la lumi\u00e8re de travaux r\u00e9cents, notamment le <em><a href=\"https:\/\/www.nonfiction.fr\/article-8983-proust-musicographe.htm\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #000080;\">Proust<\/span> <span style=\"color: #000080;\">\u00e9crivain de la musique<\/span><\/span><\/a><\/em> de C\u00e9cile Leblanc, le brillant article que Philippe Blay avait publi\u00e9 en 2004 sur Hahn et Proust dans le <em>Bulletin Marcel Proust<\/em>. Il y rappelle les deux conceptions fondamentalement divergentes que les deux amis, surtout aux premiers temps de leur relation, avaient de la musique. Pour Proust, fils du symbolisme, elle est du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019ineffable, de l\u2019irrationnel, du myst\u00e8re. En bon disciple du \u00ab dieu Richard Wagner \u00bb, lequel cherchait \u00e0 plonger ses auditeurs dans une esp\u00e8ce d\u2019hypnose, il y cherche un substitut de l\u2019exp\u00e9rience religieuse, comme le r\u00e9v\u00e8lent des m\u00e9taphores comme \u00ab l\u2019Adoration perp\u00e9tuelle \u00bb \u2013 sous-titre du deuxi\u00e8me volume dans l\u2019un des plans initiaux de la <em>Recherche<\/em>. Hahn, grand admirateur de Wagner lui aussi, l\u2019\u00e9coute bien diff\u00e9remment, et il est r\u00e9v\u00e9lateur que sa pr\u00e9f\u00e9rence aille aux <em>Ma\u00eetres-Chanteurs<\/em>, son \u0153uvre la plus \u00ab rationnelle \u00bb. \u00ab Musicien litt\u00e9raire \u00bb, comme Proust lui-m\u00eame le d\u00e9finit, il se soucie avant tout, dans la tradition de Gounod et de son ma\u00eetre Massenet, de la \u00ab mise en musique \u00bb d\u2019un texte po\u00e9tique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Toutefois, comme Philippe Blay l\u2019explique lumineusement, les conceptions musicales de Hahn et de Proust ont \u00e9volu\u00e9 : celles de Proust en se radicalisant dans le sens d\u2019une intellectualisation croissante, dont rend compte la comparaison entre les passages consacr\u00e9s \u00e0 la musique dans <em>Du c\u00f4t\u00e9 de chez Swann<\/em> et dans <em>La Prisonni\u00e8re<\/em> ; celles de Hahn, au contraire, en s\u2019humanisant, en pr\u00f4nant une musique qui, loin de \u00ab tourner l\u2019\u00e9paule \u00e0 la vie \u00bb (pour citer Mallarm\u00e9), l\u2019exprime et la c\u00e9l\u00e8bre. Son admiration pour les qualit\u00e9s de \u00ab m\u00e9tier \u00bb le conduit \u00e0 placer tr\u00e8s haut des compositeurs comme Saint-Sa\u00ebns, tandis que Proust, qui avait fait de la Premi\u00e8re Sonate pour piano et violon de ce dernier l\u2019une des sources d\u2019inspiration de la \u00ab petite phrase \u00bb, finira par confesser son \u00e9bahissement (c\u2019est J.-Chr. Branger qui nous le rappelle ici) d\u2019entendre Stravinsky d\u00e9clarer pr\u00e9f\u00e9rer la <em>Symphonie avec orgue<\/em> \u00e0 la Symphonie de Franck. Cette r\u00e9action est d\u2019ailleurs caract\u00e9ristique du Proust des derni\u00e8res ann\u00e9es, le Proust de l\u2019apr\u00e8s-Goncourt, aussi isol\u00e9 qu\u2019encens\u00e9 et menant f\u00e9brilement son grand \u0153uvre \u00e0 son terme.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Un dialogue sans fin<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Le miracle, comme le montrent de mani\u00e8re p\u00e9n\u00e9trante Philippe Blay et Luc Fraisse (celui-ci dans une derni\u00e8re section d\u2019une extr\u00eame richesse, joliment intitul\u00e9e \u00ab Le p\u00e9riscope de Proust \u00bb), c\u2019est que Proust et Hahn n\u2019ont jamais interrompu le dialogue qu\u2019ils avaient entrepris dans leur jeunesse. S\u2019il leur est arriver de s\u2019opposer \u2013 notamment \u00e0 propos de Sainte-Beuve, que Luc Fraisse d\u00e9finit comme leur \u00ab point de divergence le plus fort, en mati\u00e8re d\u2019esth\u00e9tique litt\u00e9raire \u00bb \u2013 c&rsquo;est dans une compr\u00e9hension, une admiration et un respect mutuels. Contrairement \u00e0 une bonne part de l\u2019entourage de Proust \u00e0 ses d\u00e9buts, Hahn a parfaitement compris le dessein artistique de son ami, et pour cause : sans que son nom soit mentionn\u00e9 dans la <em>Recherche<\/em>, Proust a tenu la promesse qu\u2019il lui avait faite \u00e0 l\u2019\u00e9poque de <em>Jean Santeuil <\/em>: \u00ab <em>Je veux que vous y soyez tout le temps mais comme un dieu d\u00e9guis\u00e9 qu\u2019aucun mortel ne reconna\u00eet.<\/em> \u00bb Luc Fraisse, qui le d\u00e9montre avec brio, va plus loin encore, nous invitant \u00e0 voir en Hahn, auteur de pages qu\u2019on a rarement \u00e9gal\u00e9es au sujet du chant et de la voix, l\u2019initiateur de Proust \u00e0 la respiration de la phrase \u00e9crite. On pourrait ajouter que si l\u2019un des dadas de Hahn critique dans les ann\u00e9es trente est l\u2019absurdit\u00e9 des m\u00e9taphores musicales employ\u00e9es par le tout-venant des gens de lettres, c\u2019est qu\u2019il avait aussi appris \u00e0 son ami, par-del\u00e0 leurs divergences, \u00e0 parler correctement de musique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Dans un livre \u00e0 trois voix, quelques petites r\u00e9p\u00e9titions sont non seulement in\u00e9vitables, mais m\u00eame bienvenues puisque chacune de ses parties forme un tout et peut se lire s\u00e9par\u00e9ment ou dans la continuit\u00e9. Les musicologues et m\u00e9lomanes qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 Hahn y trouveront un compl\u00e9ment indispensable \u00e0 l\u2019ouvrage collectif de 2015 coordonn\u00e9 par Philippe Blay, premi\u00e8re publication scientifique consacr\u00e9e au compositeur\u00a0. Et toute personne qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 Proust en tirera un profit inestimable.<\/span><\/p>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #000080;\"><a href=\"https:\/\/www.nonfiction.fr\/article-9655-proust-et-reynaldo-hahn-une-relation-rehabilitee.htm\"><span style=\"color: #000080;\">https:\/\/www.nonfiction.fr\/article-9655-proust-et-reynaldo-hahn-une-relation-rehabilitee.htm<\/span><\/a><\/span><\/strong><\/h5>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><\/h5>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Et pour en savoir plus<\/strong><strong> sur <\/strong><em><strong>\u201cL\u2019\u00eele du r\u00eave, l\u2019op\u00e9ra de Reynaldo Hahn\u201d<\/strong><\/em><strong> , adapt\u00e9 du Mariage de Loti :<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #333399;\"><strong>Plusieurs\u00a0 articles consacr\u00e9s \u00e0 cet op\u00e9ra ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s\u00a0 dans diff\u00e9rents bulletins de l\u2019AIAPL.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Nous vous conseillons de lire\u00a0 (ou de relire) notamment :<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #333399;\"><strong>* 1\/ L\u2019article sur le <\/strong><em><strong>12\u00e8me Festival Musiques au pays de Pierre Loti <\/strong><\/em><strong>(paru dans le Bulletin N\u00b0 34 de Juin 2016 \/pp. 42-43), au cours duquel a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e la recr\u00e9ation par Julien Masmondet de l\u2019Op\u00e9ra l\u2019\u00eele du r\u00eave de Reynaldo Hahn . Trois repr\u00e9sentations ont eu lieu en mai 2016 au Th\u00e9\u00e2tre de la Coupe\u00a0 d\u2019Or \u00e0 Rochefort , puis ensuite en d\u00e9cembre , <\/strong><em><strong>\u00a0<\/strong><\/em><strong>une reprise \u00e0 Paris au th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Ath\u00e9n\u00e9e Louis Jouvet. <\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333399;\"><strong>N.B. :\u00a0 On peut voir en ligne un compte rendu des repr\u00e9sentations de l\u2019Op\u00e9ra\u00a0 <\/strong><em><strong>\u201cl\u2019\u00eele du r\u00eave\u201d<\/strong><\/em><strong> recr\u00e9\u00e9 par Julien Masmondet en\u00a0 cliquant sur le lien :<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #333399;\"><a href=\"http:\/\/www.concertclassic.com\/article\/lile-du-reve-de-reynaldo-hahn-au-festival-musiques-au-pays-de-pierre-loti-emouvante\"><span style=\"color: #333399;\">http:\/\/www.concertclassic.com\/article\/lile-du-reve-de-reynaldo-hahn-au-festival-musiques-au-pays-de-pierre-loti-emouvante<\/span><\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #333399;\"><strong>* 2\/ L\u2019article tr\u00e8s riche et document\u00e9 <\/strong><em><strong>\u201cL\u2019op\u00e9ra de loti: L\u2019\u00eele du r\u00eave de Reynaldo Hahn \u201c <\/strong><\/em><strong>de Philippe Blay\u201d (paru dans le bulletin N\u00b0 36 de juin 2017 \/pp. 2-20) qui est passionnant et r\u00e9v\u00e9lateur de certains traits de caract\u00e8re de Pierre Loti.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #333399;\"><em><strong>(Philippe Blay\u00a0 est l\u2019auteur\u00a0 de nombreuses publications sur le th\u00e9\u00e2tre lyrique et sur les rapports entre musique et litt\u00e9rature, qui devraient int\u00e9resser tous les amis et m\u00e9lomanes lotiens). <\/strong><\/em><\/span><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/PARTITION-l\u00efle-du-r\u00eave-.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-6125 size-large\" src=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/PARTITION-l\u00efle-du-r\u00eave--700x1024.jpg\" alt=\"PARTITION l'\u00efle du r\u00eave-\" width=\"700\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/PARTITION-l\u00efle-du-r\u00eave--700x1024.jpg 700w, https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/PARTITION-l\u00efle-du-r\u00eave--205x300.jpg 205w, https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/PARTITION-l\u00efle-du-r\u00eave-.jpg 813w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #ff6600;\"><span style=\"font-style: inherit; font-weight: inherit;\"><strong style=\"font-weight: bold; font-style: inherit;\"><em style=\"font-weight: inherit; font-style: italic;\">Cliquez sur \u00ab\u00a0articles pr\u00e9c\u00e9dents\u00a0\u00bb situ\u00e9s tout en bas\u00a0de\u00a0cette page pour consulter toutes les actualit\u00e9s<\/em><\/strong><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; &nbsp; Christian Ehrmann nous sugg\u00e8re de lire la critique de Vincent Giroud sur : \u00ab Marcel Proust et Reynaldo Hahn. Une cr\u00e9ation \u00e0 quatre mains \u00bb\u00a0de Luc Fraisse, Jean-Christophe Branger, Philippe Blay.\u00a0 \u00c9diteur : Classiques Garnier. Collection : Biblioth\u00e8que proustienne. \u00a0 Dans cette critique de l\u2019ouvrage en question, au 3e chapitre intitul\u00e9\u00a0 \u00ab L\u2019\u00e9crivain [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[20,27],"tags":[85],"class_list":["post-6094","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actus","category-recentes","tag-actualites-pierre-loti"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6094","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=6094"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6094\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6126,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/6094\/revisions\/6126"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=6094"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=6094"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=6094"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}