{"id":5236,"date":"2018-07-09T09:56:48","date_gmt":"2018-07-09T09:56:48","guid":{"rendered":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/?p=5236"},"modified":"2018-07-10T23:48:47","modified_gmt":"2018-07-10T23:48:47","slug":"trois-raisons-de-relire-claude-farrere-ecrivain-dextreme-droite-injustement-oublie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/?p=5236","title":{"rendered":"Trois raisons de (re)lire Claude Farr\u00e8re, \u00e9crivain d\u2019extr\u00eame-droite&#8230; injustement oubli\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/livre\/trois-raisons-de-%28re%29lire-claude-farrere,-ecrivain-dextreme-droite-injustement-oublie,n5713133.php\"><span style=\"color: #000000;\">https:\/\/www<strong>.<span style=\"color: #993366;\">telerama<\/span>.<\/strong>fr\/livre\/trois-raisons-de-%28re%29lire-claude-farrere,-ecrivain-dextreme-droite-injustement-oublie,n5713133.php<\/span><\/a><\/p>\n<ul>\n<li>\n<h5><span style=\"color: #000080;\"><a href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/recherche\/recherche.php?auteur=10000202&amp;f%5B0%5D=tr_type%3AArticles\"><span style=\"color: #000080;\">Hubert Prolongeau<\/span><\/a><\/span><\/h5>\n<\/li>\n<li>\n<h5><span style=\"color: #000000;\">Publi\u00e9 le 08\/07\/2018.<\/span><\/h5>\n<\/li>\n<\/ul>\n<div id=\"attachment_5240\" style=\"width: 730px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/Claude-Farr\u00e8re.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-5240\" class=\"wp-image-5240 size-large\" src=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/Claude-Farr\u00e8re-867x1024.jpg\" alt=\"R\u00e9ception de Charles Maurras (1868-1952),\" width=\"720\" height=\"850\" srcset=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/Claude-Farr\u00e8re-867x1024.jpg 867w, https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/Claude-Farr\u00e8re-254x300.jpg 254w, https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/Claude-Farr\u00e8re.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5240\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000000;\">Arriv\u00e9e de Claude Farr\u00e8re \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise \u00e0 Paris le 8 juin 1939. Roger-Viollet <\/span><\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Prix Goncourt et acad\u00e9micien, \u00e9crivain voyageur, auteur de quelques \u00e9normes succ\u00e8s (\u201cLa Bataille\u201d&#8230;), Claude Farr\u00e8re (1876-1957) rena\u00eet le temps d\u2019un gros volume-compilation.<\/span><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">1. Il prouve que les honneurs n\u2019\u00e9vitent pas l\u2019oubli, ce qui est une le\u00e7on d\u2019humilit\u00e9<\/span><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Et Claude Farr\u00e8re (1876-1957) les a cumul\u00e9s, les honneurs, avant de sombrer dans un purgatoire complet&#8230; Il obtint le prix Goncourt en 1906 pour Les Civilis\u00e9s, il connut un \u00e9norme succ\u00e8s en 1909 avec La Bataille, un million d\u2019exemplaires vendus et deux adaptations au cin\u00e9ma, et il fut \u00e9lu \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise contre <a href=\"https:\/\/www.telerama.fr\/personnalite\/paul-claudel%2C4239.php\"><span style=\"color: #000000;\">Paul Claudel<\/span><\/a> en 1935. Cette derni\u00e8re cons\u00e9cration fit dire \u00e0 Fran\u00e7ois Mauriac, plus pour des raisons politiques que litt\u00e9raires, que cette \u00e9lection \u00e9tait \u00ab la plus scandaleuse qui se soit jamais perp\u00e9tr\u00e9e quai Conti \u00bb. La phrase le poursuit encore. Quel poids a-t-elle jou\u00e9 dans la d\u00e9saffection de ses lecteurs ?<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">2. Il est le t\u00e9moin d\u2019une \u00e9poque<\/span><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Officier de marine, o\u00f9 il servit sous les ordres de <strong>Pierre Loti<\/strong><\/span>, qui devient un ami proche, Fr\u00e9d\u00e9ric Charles Bargone a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 dans les mers du Levant, prit part aux campagnes de Chine et du Tonkin en 1897 et 1899, servit en Turquie de 1902 \u00e0 1904. En Mars 1915, il \u00e9vita de peu la mort : malade, il \u00e9tait descendu de son bateau, le Bouvet qui fut coul\u00e9 avec 800 hommes \u00e0 bord. En octobre 1917, mis \u00e0 disposition de l\u2019arm\u00e9e de terre, il participera \u00e0 la bataille de la Malmaison et recevra la Croix de Guerre. En d\u00e9saccord avec les d\u00e9cisions du gouvernement la concernant, il quittera la marine en 1919, et rejoignit les rangs de l\u2019extr\u00eame-droite : collaborateur du Flambeau, le mensuel des Croix-de-feu, il fut dans les ann\u00e9es 50 membre de l\u2019Association pour d\u00e9fendre la m\u00e9moire du Mar\u00e9chal P\u00e9tain (ADMP).\u00a0<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">3. Sa vision des colonies est \u00e9tonnamment subversive, surtout quand on voit son parcours politique<\/span><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">On peut alors se demander pourquoi r\u00e9\u00e9diter l\u2019\u0153uvre un peu d\u00e9mod\u00e9e d\u2019un homme d\u2019extr\u00eame-droite racontant ses colonies ? D\u2019abord parce que c\u2019est un de ces \u00e9crivains vagabonds (<span style=\"color: #ff0000;\">comme <strong>Loti,<\/strong><\/span> Monfreid, Joseph Peyr\u00e9, les fr\u00e8res Tharaud&#8230;.) pour qui voyage ne rimait pas encore avec \u00ab tour op\u00e9rator \u00bb et que l\u2019\u00e9vocation de ces temps b\u00e9nis reste toujours empreinte d\u2019un charme aussi extr\u00eame que l\u2019Orient que parcouraient ces aventuriers. Ensuite parce que sa vision du colonialisme est beaucoup plus s\u00e9v\u00e8re que ce que son \u00e9volution ult\u00e9rieure aurait pu laisser craindre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Dans Les Civilis\u00e9s, qui lui vaudra son prix Goncourt, roman qui se passe au Vietnam, il s\u2019\u00e9l\u00e8ve avec violence contre les expatri\u00e9s et leur mentalit\u00e9. M\u00eame si les autochtones ne sont qu\u2019une toile de fond assez indiff\u00e9renci\u00e9e, la colonisation qu\u2019il d\u00e9peint est immorale, mal\u00e9fique et d\u00e9gradante, et la peinture de la civilisation triomphante pour le moins caustique. Dans La bataille, son livre le plus connu, il y joint une tr\u00e8s juste peinture de l\u2019\u00e2me japonaise d\u00e9chir\u00e9e entre la tradition et la modernit\u00e9 occidentale. Dans Fum\u00e9e d\u2019opium, il \u00e9voque les plaisirs de la drogue avec un enthousiasme qui, en ces temps de d\u00e9bats sur la vente libre du cannabis, r\u00e9sonne soudainement avec l\u2019actualit\u00e9. T\u00e9moin de son temps, Farr\u00e8re est un romancier qui, sans pr\u00e9tendre au g\u00e9nie mais dou\u00e9 d\u2019une vraie puissance d\u2019\u00e9vocation, m\u00e9rite qu\u2019on s\u2019attarde dans les plis soyeux de ses pages ouvertes sur le large.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">La Mer, l\u2019Orient, l&rsquo;opium,\u00a0de Claude Farr\u00e8re, recueil regroupant La bataille, Les Civilis\u00e9s, Fum\u00e9e d&rsquo;opium, L&rsquo;Homme qui assassina, Nuit turque. 848 p, 35 euros.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Et pour en savoir plus<\/strong> :<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\">* <strong>L\u2019abondante \u0153uvre litt\u00e9raire de Claude Farr\u00e8re\u00a0 fut parfois rapproch\u00e9e de celle de son ami Pierre Loti, pour lequel il avait une grande estime. Tous les deux s\u2019int\u00e9ress\u00e8rent particuli\u00e8rement \u00e0 la Turquie et au Japon.<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><strong>&#8211; Claude Farr\u00e8re\u00a0 consacra un premier ouvrage \u00e0 son ami <\/strong><em><strong>: Loti <\/strong><\/em><strong>( paru en 1929) dans lequel il \u00e9voque leur premi\u00e8re rencontre en 1903, puis tous les moments qu\u2019ils ont ensuite\u00a0 pass\u00e9s ensemble (de 1904 \u00e0 1921), et la derni\u00e8re visite qu\u2019il lui rendit\u00a0 \u00e0 Rochefort en 1921.<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><em><strong>&#8211; <\/strong><\/em><strong>Un deuxi\u00e8me ouvrage <\/strong><em><strong>Loti et le chef<\/strong><\/em><strong>\u00a0 est paru en 1930<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><strong>&#8211; Un livre illustr\u00e9 <\/strong><em><strong>Cent dessins de Pierre Loti pris sur le vif et ramen\u00e9s de ses nombreux voyages et escales, et comment\u00e9s par Claude Farr\u00e8re<\/strong><\/em><strong> est paru en 1930 aux Editions Flammarion <\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><strong>* A lire \u2013&gt;\u00a0 <\/strong><em><strong>Le cas Farr\u00e8re. Du Goncourt \u00e0 la disgr\u00e2ce<\/strong><\/em><strong>\u00a0 par Alain Quella-Vill\u00e9ger (paru en 1989 aux Presses de la Cit\u00e9)<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><strong>* A \u00e9couter \u2013&gt;\u00a0 l\u2019\u00e9mission <\/strong><em><strong>Le Japon et Nagasaki par Pierre Loti et Claude Farr\u00e8re de l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise<\/strong><\/em><strong> ( avec des extraits de leurs romans respectifs <\/strong><em><strong>Madame Chrysanth\u00e8me<\/strong><\/em><strong> et <\/strong><em><strong>La bataille ) <\/strong><\/em><\/span><strong><span style=\"color: #000080;\">. Un extrait est accessible gratuitement en ligne en cliquant sur le lien :<\/span> <\/strong><\/p>\n<h5><span style=\"color: #000080;\"><a href=\"https:\/\/www.canalacademie.com\/ida9530-Le-Japon-et-Nagasaki-par-Pierre-Loti-et-Claude-Farrere-de-l-Academie-francaise.html?var_recherche=Emission%20Le%20Japon%20et%20Nagasaki\"><span style=\"color: #000080;\">https:\/\/www.canalacademie.com\/ida9530-Le-Japon-et-Nagasaki-par-Pierre-Loti-et-Claude-Farrere-de-l-Academie-francaise.html?var_recherche=Emission%20Le%20Japon%20et%20Nagasaki<\/span><\/a><\/span><\/h5>\n<h5><\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/cent-dessins-Loti-par-Farr\u00e8re.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-5244 size-full\" src=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/cent-dessins-Loti-par-Farr\u00e8re.jpg\" alt=\"cent dessins Loti par Farr\u00e8re\" width=\"300\" height=\"388\" srcset=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/cent-dessins-Loti-par-Farr\u00e8re.jpg 300w, https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/cent-dessins-Loti-par-Farr\u00e8re-231x300.jpg 231w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #ff6600;\"><span style=\"font-style: inherit; font-weight: inherit;\"><strong style=\"font-weight: bold; font-style: inherit;\"><em style=\"font-weight: inherit; font-style: italic;\">Cliquez sur \u00ab\u00a0articles pr\u00e9c\u00e9dents\u00a0\u00bb situ\u00e9s tout en bas\u00a0de\u00a0cette page pour consulter toutes les actualit\u00e9s<\/em><\/strong><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>https:\/\/www.telerama.fr\/livre\/trois-raisons-de-%28re%29lire-claude-farrere,-ecrivain-dextreme-droite-injustement-oublie,n5713133.php Hubert Prolongeau Publi\u00e9 le 08\/07\/2018. &nbsp; Prix Goncourt et acad\u00e9micien, \u00e9crivain voyageur, auteur de quelques \u00e9normes succ\u00e8s (\u201cLa Bataille\u201d&#8230;), Claude Farr\u00e8re (1876-1957) rena\u00eet le temps d\u2019un gros volume-compilation. &nbsp; 1. Il prouve que les honneurs n\u2019\u00e9vitent pas l\u2019oubli, ce qui est une le\u00e7on d\u2019humilit\u00e9 &nbsp; Et Claude Farr\u00e8re (1876-1957) les a cumul\u00e9s, les honneurs, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[20,27],"tags":[85],"class_list":["post-5236","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actus","category-recentes","tag-actualites-pierre-loti"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5236","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5236"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5236\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5245,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5236\/revisions\/5245"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5236"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5236"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5236"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}