{"id":1732,"date":"2016-03-24T22:14:30","date_gmt":"2016-03-24T22:14:30","guid":{"rendered":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/?p=1732"},"modified":"2016-03-28T22:28:29","modified_gmt":"2016-03-28T22:28:29","slug":"voyages-au-japon-grace-a-lopera-de-marseille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/?p=1732","title":{"rendered":"Voyages au Japon gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Marseille"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/author\/Christian-Colombeau\/\">Christian Colombeau<\/a><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">27\/03\/2016<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Une Madame Butterfly sans \u00ab\u00a0japoniaiseries\u00a0\u00bb. <\/strong><\/span><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Une Madame Chrysanth\u00e8me en copi\u00e9e presque coll\u00e9e<\/strong><\/span><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Madame-Chrysanth\u00e8me-\u00e0-lop\u00e9ra-de-Marseille-2016.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-1735 size-full\" src=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Madame-Chrysanth\u00e8me-\u00e0-lop\u00e9ra-de-Marseille-2016.jpg\" alt=\"Madame Chrysanth\u00e8me \u00e0 l'op\u00e9ra de Marseille 2016\" width=\"470\" height=\"290\" srcset=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Madame-Chrysanth\u00e8me-\u00e0-lop\u00e9ra-de-Marseille-2016.jpg 470w, https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2016\/03\/Madame-Chrysanth\u00e8me-\u00e0-lop\u00e9ra-de-Marseille-2016-300x185.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 470px) 100vw, 470px\" \/><\/a><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Photo courtoisie (c) DR<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Vue et revue en France et en Navarre, la \u00ab\u00a0Madame Butterfly\u00a0\u00bb sign\u00e9e par Numa Sadoul retrouvait en ce mois de mars, son lieu de cr\u00e9ation. L\u2019impression est toujours violente et nous tenons l\u00e0 certainement l\u2019une des r\u00e9alisations les plus abouties et parfaites de l\u2019\u00e9ternel et larmoyant chef d\u2019\u0153uvre de Puccini. Point de \u00ab\u00a0japoniaiseries\u00a0\u00bb de carte postale dans ce spectacle qui s\u2019imposa voici dix ans par la rigueur de la pens\u00e9e comme par celle des moyens employ\u00e9s pour la traduire. Robuste production, d\u2019une picturalit\u00e9 exceptionnelle dans sa \u00ab\u00a0zen-attitude\u00a0\u00bb, dans sa nudit\u00e9 crue mais aussi po\u00e9tique, c\u2019est-\u00e0-dire le c\u00f4t\u00e9 humain d\u2019une lorgnette qui pointe d\u00e8s le premier acte sur Cio-Cio-San pour ne plus la quitter. Les d\u00e9cors simples de Luc Londiveau figurent une maison ouverte au ciel, \u00e0 la mer, dans un no man\u2019s land noir et laqu\u00e9 comme un catafalque, les costumes sans exotisme tapageur de Katia Duflot, ne repr\u00e9sentant finalement qu\u2019un cadre plat, la chronique sanguinaire, am\u00e8re et immorale d\u2019une gamine de quinze ans vendue et devenue le jouet d\u2019une Am\u00e9rique triomphante. Une ne machination sanguinolente qui poss\u00e8de alors toute la multiplicit\u00e9 des paraboles riches de tout ce qu\u2019on y devine. En s\u2019attachant \u00e0 d\u00e9-japoniser l\u2019intrigue pour mieux en resserrer le propos, pour mieux en saisir le psychologisme cru, Numa Sadoul \u00e9gratigne au passage ce Monsieur Pinkerton saisi par la d\u00e9bauche &#8211; et son pays donc! &#8211; pour d\u00e9livrer, immonde et cruel, un reportage-v\u00e9rit\u00e9, pseudo-didactique d\u2019un vieux mythe romantico-machiste. Prise \u00e0 la loupe, Svetla Vassileva aborde la solitude de Butterfly, ses emportements, ses abandons, ses ranc\u0153urs, ses d\u00e9sespoirs avec un naturel \u00e9vident. Craintive, \u00e9veill\u00e9e, elle dit avec gr\u00e2ce et \u00e9moi ce qui touche au c\u0153ur sur un ton m\u00e9lancolique et pudique, intime et feutr\u00e9 qui \u00e9voque le quotidien. Le timbre, id\u00e9al, ne force jamais ce fr\u00eale \u00e9quilibre qui existe tout au long de l\u2019\u0153uvre entre langueur po\u00e9tique et brusquerie r\u00e9aliste, comme pour mieux isoler, cran par cran, chaque moment, chaque temps. D\u00e9boussol\u00e9, en fuite d\u00e8s les premiers instants, le goujat cynique, insipide et pitoyable Pinkerton de Teodor Ilincai se disloque au premier soleil, avec raison. La voix, sensible, passionn\u00e9e, tenace, charrie p\u00eale-m\u00eale la rage et l\u2019amour. Le Sharpless de Paulo Szot est dramatiquement solide, admirablement caract\u00e9ris\u00e9. Ce consul a choisi son camp, ce sera celui de Butterfly. Excellent. Le mezzo muscl\u00e9 et si bien contr\u00f4l\u00e9 de Cornelia Oncioiu donne \u00e0 Suzuki un poids qu\u2019elle n\u2019a pas toujours. Fort bien en place \u00e9galement la Kate Pinkerton de la jolie Jennifer Michel, le Bonze terrifiant de pr\u00e9sence de Jean-Marie Delpas et le Goro d\u00e9goulinant de rouerie toute putassi\u00e8re de Rodolphe Briand. La direction de Nader Abassi, sans doute le chef le plus attachant de sa g\u00e9n\u00e9ration, dessinait superbement l\u2019univers orchestral de Puccini avec un orientalisme \u00e9trangement familier, des paroxysmes sans pathos. Pour donner vie et une musicalit\u00e9 constante, un souffle tr\u00e8s authentique \u00e0 la partition. Le ch\u0153ur \u00e0 bouche ferm\u00e9e \u00e9tant le plus magique qui soit. La veille de cette derni\u00e8re repr\u00e9sentation de \u00ab\u00a0Butterfly\u00a0\u00bb, c\u2019est \u00e0 une bien belle d\u00e9couverte que nous convia Maurice Xiberras en proposant, \u00e0 un public h\u00e9las clairsem\u00e9, en version de concert, la \u00ab\u00a0Madame Chrysanth\u00e8me\u00a0\u00bb d\u2019Andr\u00e9 Messager. \u00c9crite en 1893, cette \u0153uvre ambitieuse qui pr\u00e9c\u00e8de de dix ans \u00ab\u00a0Butterfly\u00a0\u00bb, narre, sur un sujet de Pierre Loti, les amours malheureuses d\u2019une japonaise avec une enseigne de vaisseau. \u0152uvre autobiographique pour certains, exotisme de pacotille pour d\u2019autres\u2026 Reconnaissons une estampille musicale d\u00e9licieuse, une intrigue tr\u00e8s loin de Puccini (contrairement \u00e0 ce que pr\u00e9tend le programme, car ici point d\u2019enfant, point de hara-kiri), une peinture assez rigolote d\u2019un Nagasaki vu des bords de Seine, et un r\u00f4le-titre attachant comme pas deux. Annick Massis, n\u2019en fait qu\u2019une bouch\u00e9e. Musicienne en diable, avec des regards, des mimiques qui n\u2019appartiennent qu\u2019\u00e0 Elle, en prime ce d\u00e9licat vibrato qui vous tourneboule toute la soir\u00e9e. Si Jean-Pierre Furlan, le c\u0153ur et la voix en bandouli\u00e8re, tire le meilleur parti d\u2019un r\u00f4le que l\u2019on croirait \u00e9crit pour lui, le t\u00e9nor doit pour un soir laisser la place \u00e0 un Yann Toussaint des grands jours, fr\u00e8re et confident \u00e0 la fois, faux rival mais vrai complice en tout. D\u00e9j\u00e0 remarqu\u00e9 dans \u00ab\u00a0L\u2019Aiglon\u00a0\u00bb le mois dernier, ce sympathique baryton charrie des tonnes d\u2019\u00e9motion simple avec un timbre rac\u00e9, solide, haut, clair, qui sait se moirer des nuances du lied quand il le faut. Un artiste \u00e0 suivre\u2026 Rodolphe Briand cabotine au mieux en Kangourou (sans rire!) et les trois dames fleuries, sorties d\u2019une publicit\u00e9 pour platebande, Lucie Roche, Sandrine Eyglier, Virginie Fenu font plus que de simples apparitions et s\u2019imposent avec naturel, gr\u00e2ce mutine. Surmontant les dangers d\u2019une version de concert (qui aurait m\u00e9rit\u00e9e d\u2019\u00eatre sur-titr\u00e9e), Victorien Vanoosten avec sa battue ferme et d\u00e9licate \u00e0 la fois, teint\u00e9e d\u2019\u00e9rotisme \u00e0 la fran\u00e7aise tr\u00e8s fin de si\u00e8cle, dans un joli \u00e9quilibre fosse-plateau, tire la substantifique moelle d\u2019une partition d\u00e9licate, fleur-bleue, po\u00e9tique quand il le faut, fascinante toujours.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/gmap\/?adresse=43.293435,5.3747057\"><span style=\"color: #0000ff;\">Voir la carte<\/span><\/a><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Par <span style=\"color: #0000ff;\"><a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/author\/Christian-Colombeau\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">Christian Colombeau<\/span><\/a> <\/span>(derni\u00e8re modification le 27\/03\/2016)<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Tags : <span style=\"color: #0000ff;\"><a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/2016\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">2016<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/Abassi\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">Abassi<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/Briand\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">Briand<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/Delpas\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">Delpas<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/Europe\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">Europe<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/France\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">France<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/Furlan\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">Furlan<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/Ilincai\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">Ilincai<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/Marseille\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">Marseille<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/Massis\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">Massis<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/Messager\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">Messager<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/Michel\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">Michel<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/op%C3%A9ra\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">op\u00e9ra<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/Puccini\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">Puccini<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/Sadoul\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">Sadoul<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/Szot\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">Szot<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/Toussaint\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">Toussaint<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/Vanoosten\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">Vanoosten<\/span><\/a>, <a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\/tags\/Vassilieva\/\"><span style=\"color: #0000ff;\">Vassilieva<\/span><\/a><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">\u00a0Source :<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><a href=\"http:\/\/www.podcastjournal.net\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>http:\/\/www.podcastjournal.net <\/em><\/span><\/a><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Reproduction autoris\u00e9e uniquement avec le lien mentionnant la source: www.podcastjournal.net<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Christian Colombeau 27\/03\/2016 Une Madame Butterfly sans \u00ab\u00a0japoniaiseries\u00a0\u00bb. Une Madame Chrysanth\u00e8me en copi\u00e9e presque coll\u00e9e &nbsp; Photo courtoisie (c) DR Vue et revue en France et en Navarre, la \u00ab\u00a0Madame Butterfly\u00a0\u00bb sign\u00e9e par Numa Sadoul retrouvait en ce mois de mars, son lieu de cr\u00e9ation. L\u2019impression est toujours violente et nous tenons l\u00e0 certainement l\u2019une [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[20,27],"tags":[85],"class_list":["post-1732","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actus","category-recentes","tag-actualites-pierre-loti"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1732","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1732"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1732\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1736,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1732\/revisions\/1736"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1732"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1732"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1732"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}