{"id":12022,"date":"2022-09-28T22:42:31","date_gmt":"2022-09-28T22:42:31","guid":{"rendered":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/?p=12022"},"modified":"2022-09-28T22:42:31","modified_gmt":"2022-09-28T22:42:31","slug":"a-liege-lakme-par-les-yeux-de-gandhi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/?p=12022","title":{"rendered":"\u00c0 Li\u00e8ge, Lakm\u00e9 par les yeux de Gandhi"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-12025 size-full\" src=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Logo-Diapason.png\" alt=\"Logo Diapason\" width=\"980\" height=\"133\" srcset=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Logo-Diapason.png 980w, https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Logo-Diapason-300x40.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 980px) 100vw, 980px\" \/><\/p>\n<div id=\"top_intro_article\" style=\"color: #000000;\">\n<div class=\"post_intro_info\"><span class=\"post_author\">Par\u00a0Fran\u00e7ois Laurent\u00a0<\/span><span class=\"publish_date\">&#8211; Publi\u00e9 le 26 septembre 2022 \u00e0 14:48<\/span><\/div>\n<div id=\"share_1\" class=\"share-buttons vertical \"><\/div>\n<div class=\"article-intro excerpt\" style=\"font-weight: 600; color: #000000;\"><\/div>\n<\/div>\n<div id=\"large_diapo_rw\" class=\"large-diapo\">\n<div class=\"block_diapo\">\n<div class=\"visu_block\">\n<figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"pinit-here aligncenter\" src=\"https:\/\/www.diapasonmag.fr\/wp-content\/uploads\/diapason\/2022\/09\/capture-decran-2022-09-26-a-11.38.44-701x410.png\" alt=\"\" width=\"701\" height=\"410\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<aside class=\"widget widgetLegende\">\n<div class=\"masc_legende\"><\/div>\n<\/aside>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"article-content thecontent\">\n<h4 class=\"post-excerpt\" style=\"color: #000000;\"><strong><span style=\"color: #000000;\">Sous la direction de Fr\u00e9d\u00e9ric Chaslin, une Jodie Devos mal \u00e0 l\u2019aise et un Philippe Talbot \u00e0 l\u2019aigu laborieux se retrouvent au c\u0153ur d\u2019un drame de la colonisation.<\/span><\/strong><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"article_body_content\">\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong style=\"font-weight: bold;\">Davide Garattini<\/strong>\u00a0a fait le compte\u00a0: en avril 1883, lorsque fut cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Paris\u00a0<em>Lakm\u00e9<\/em>\u00a0de Delibes, Gandhi avait treize ans. Le metteur en sc\u00e8ne imagine donc que le futur h\u00e9ros de l\u2019ind\u00e9pendance indienne a personnellement assist\u00e9 au drame. La non-violence qu\u2019il pr\u00f4nera plus tard viendrait-elle des cons\u00e9quences n\u00e9fastes du coup port\u00e9 par le brahmane Nilakantha \u00e0 un soldat britannique ? Assis au-devant de la sc\u00e8ne \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son rouet, le vieillard en revit les \u00e9tapes, semble les commenter par ses sentences projet\u00e9es sur le cadre de sc\u00e8ne (\u00ab l\u00e0 o\u00f9 il y a la peur, il n\u2019y a pas de religion \u00bb). Il reproduit parfois les m\u00eames mouvements que ceux de l\u2019enfant qu\u2019il \u00e9tait alors et que nous voyons sur sc\u00e8ne, entourant Lakm\u00e9. A la danse des Bayad\u00e8res du deuxi\u00e8me acte vient se substituer un th\u00e9\u00e2tre d\u2019ombres illustrant le joug arm\u00e9 sous lequel vit la population indienne. Cela fait sens dans un tel spectacle, mais \u00e0 quoi bon, ailleurs et \u00e0 plusieurs reprises, ces silhouettes fa\u00e7on\u00a0<em>Avatar<\/em>, enduites de peinture lumineuse et \u00e9voluant dans l\u2019obscurit\u00e9\u00a0?<\/span><\/p>\n<h2 style=\"color: #c21622;\">Symboles et invraisemblances<\/h2>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Les trois d\u00e9cors de l\u2019action, \u00e9voquant chacun une couleur du drapeau indien (respectivement le jaune, le blanc, le vert) se veulent embl\u00e9matiques de la colonisation : un temple hindou illumin\u00e9, perdu dans la v\u00e9g\u00e9tation, et que profane en connaissance de cause un groupe d\u2019Anglais ; une place de march\u00e9 o\u00f9 frappe leur ridicule (la gouvernante est une Mary Poppins vieillie et les soldats, casque \u00e0 part, semblent plut\u00f4t sortir du\u00a0<em>Gendarme de Saint-Tropez<\/em>) ; enfin un\u00a0<em>club house<\/em>\u00a0d\u00e9sert, avec cages vides et troph\u00e9es de chasse, o\u00f9 le dieu Ganesh, tr\u00f4nant dans les deux actes pr\u00e9c\u00e9dents, dispara\u00eet au profit d\u2019une autre idole aux traits non moins pachydermiques, la reine Victoria.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le metteur en sc\u00e8ne entend montrer que si G\u00e9rald entre par effraction dans l\u2019univers de Lakm\u00e9 au I, la situation se retourne sym\u00e9triquement au III\u2026 Sauf que la jeune fille, au dernier acte, veut attirer l\u2019homme qu\u2019elle aime dans son monde \u00e0 elle (dans le livret, une cabane au fond des bois, pr\u00e8s d\u2019une source sacr\u00e9e), non le suivre dans son monde \u00e0 lui. Et pourquoi les faire succomber tous les deux et ainsi sceller dans la mort un amour \u00e0 sens unique ? Car ce n\u2019est pas Rom\u00e9o et Juliette : Lakm\u00e9 sacrifie jusqu\u2019\u00e0 son existence quand G\u00e9rald, en d\u00e9finitive, ne songe qu\u2019\u00e0 satisfaire un caprice avant de s\u2019en retourner massacrer des indig\u00e8nes et \u00e9pouser la fille du gouverneur.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"color: #c21622;\">Idylle sous pression<\/h2>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Les personnages, pourtant, ne sont pas incarn\u00e9s \u00e0 demi. V\u00eatue de bleu, symbole de courage et de puret\u00e9, timbre lumineux et vibratile, phrases \u00e9lanc\u00e9es avec une pointe de timidit\u00e9 bien sentie,\u00a0<strong style=\"font-weight: bold;\">Jodie Devos<\/strong>\u00a0campe une adolescente \u00e0 la fois fr\u00eale, candide et ent\u00eat\u00e9e. Le Duo des fleurs, qu\u2019elle partage avec la Mallika de Marion Leb\u00e8gue, est un enchantement. Mais les aigus pass\u00e9s \u00e0 la trappe et celui, manifestement douloureux pour l\u2019interpr\u00e8te, concluant l\u2019Air des clochettes sont-ils \u00e0 attribuer \u00e0 la pression qui p\u00e8se sur les \u00e9paules de la jeune h\u00e9ro\u00efne, cens\u00e9e d\u00e9signer au poignard paternel l\u2019homme qui a commis le blasph\u00e8me de l\u2019aimer ?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Face \u00e0 elle, le G\u00e9rald empot\u00e9 et \u00ab\u00a0po\u00e8te\u00a0\u00bb de\u00a0<strong style=\"font-weight: bold;\">Philippe Talbot<\/strong>\u00a0tient franchement de la caricature. Au moins ce timbre de t\u00e9nor falot, ce chant aux aigus forc\u00e9s et souvent geignards, s\u2019accorde-t-il avec le personnage, \u00e9gocentrique et d\u00e9pourvu de consistance, comme toujours avec les doubles que s\u2019invente Pierre Loti.<\/span><\/p>\n<h2 style=\"color: #c21622;\">Du m\u00e9tal et des couleurs<\/h2>\n<p><span style=\"color: #000000;\">Le Fr\u00e9d\u00e9ric de\u00a0<strong style=\"font-weight: bold;\">Pierre Doyen<\/strong>\u00a0a, lui, les pieds sur terre, son baryton plein d\u2019aplomb et d\u2019empathie t\u00e2chant sans cesse de ramener son camarade \u00e0 la raison et au devoir. Passons sur une Ellen et une Rose assez vilaines, saluons la pr\u00e9sence comique et le chant assur\u00e9 de\u00a0<strong style=\"font-weight: bold;\">Sarah Laulan<\/strong>\u00a0en gouvernante, assez irr\u00e9sistible, et applaudissons enfin le Nilakantha de\u00a0<strong style=\"font-weight: bold;\">Lionel Lhote<\/strong>, baryton sombre et cinglant. Nulle tendresse chez ce p\u00e8re et brahmane raide comme la justice, dont l\u2019autorit\u00e9 est doublement bafou\u00e9e par l\u2019envahisseur britannique, et qui se retrouve submerg\u00e9 par la haine. Pour Gandhi, qui lui prend des mains l\u2019arme avec laquelle il vient de frapper G\u00e9rald, voil\u00e0 tout ce qu\u2019il faudra \u00e9viter : la violence ne doit pas r\u00e9pondre \u00e0 la violence, sauf \u00e0 faire basculer la situation (et le pays) dans le chaos.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\">De la couleur, du nerf, des accents, bref du relief \u00e0 l\u2019orchestre, auquel se conjuguent des ch\u0153urs model\u00e9s et spatialis\u00e9s avec soin :\u00a0<strong style=\"font-weight: bold;\">Fr\u00e9d\u00e9ric Chaslin<\/strong>\u00a0est aux petits soins pour la partition et pour les forces de l\u2019Op\u00e9ra royal de Wallonie-Li\u00e8ge.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><strong style=\"font-weight: bold;\"><em>Lakm\u00e9<\/em>\u00a0de Delibes. Li\u00e8ge, Op\u00e9ra royal de Wallonie, le 23 septembre. Repr\u00e9sentations jusqu\u2019au 1er octobre.<\/strong><\/span><\/p>\n<div class=\"rwm-podcast-player\" data-pid=\"1ec38c78-7bf5-643a-800e-fd2a4a50a380\"><a href=\"https:\/\/www.diapasonmag.fr\/critiques\/a-liege-lakme-par-les-yeux-de-gandhi-30263.html\" target=\"_blank\">https:\/\/www.diapasonmag.fr\/critiques\/a-liege-lakme-par-les-yeux-de-gandhi-30263.html<\/a><\/div>\n<p>.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par\u00a0Fran\u00e7ois Laurent\u00a0&#8211; Publi\u00e9 le 26 septembre 2022 \u00e0 14:48 Sous la direction de Fr\u00e9d\u00e9ric Chaslin, une Jodie Devos mal \u00e0 l\u2019aise et un Philippe Talbot \u00e0 l\u2019aigu laborieux se retrouvent au c\u0153ur d\u2019un drame de la colonisation. &nbsp; Davide Garattini\u00a0a fait le compte\u00a0: en avril 1883, lorsque fut cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Paris\u00a0Lakm\u00e9\u00a0de Delibes, Gandhi avait treize [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[20,27],"tags":[85],"class_list":["post-12022","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actus","category-recentes","tag-actualites-pierre-loti"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12022","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12022"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12022\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12026,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12022\/revisions\/12026"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12022"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12022"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12022"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}