{"id":11508,"date":"2022-04-27T23:05:14","date_gmt":"2022-04-27T23:05:14","guid":{"rendered":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/?p=11508"},"modified":"2022-04-27T23:33:31","modified_gmt":"2022-04-27T23:33:31","slug":"reine-de-coeur-au-pays-des-coupeurs-de-tetes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/?p=11508","title":{"rendered":"Reine de c\u0153ur au pays des coupeurs de t\u00eates"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-10507 size-full\" src=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Logo-Actualit\u00e9s.png\" alt=\"Logo Actualit\u00e9s\" width=\"1283\" height=\"169\" srcset=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Logo-Actualit\u00e9s.png 1283w, https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Logo-Actualit\u00e9s-300x39.png 300w, https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Logo-Actualit\u00e9s-1024x134.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1283px) 100vw, 1283px\" \/><\/p>\n<div class=\"article-page_header\" style=\"color: #000000;\">\n<div class=\"article-page_article-header\">\n<div class=\"article-page_summary\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: rgb(0, 0, 0);\">Quelle autobiographie r\u00e9jouissante que voici ! Margaret Brooke (1849-1936) se raconte dans un livre qu\u2019elle publia en 1934 sous le titre original de Good morning and good night. Aujourd\u2019hui traduite en fran\u00e7ais par Michelle Deperrois-Fayet et Christine Ribardi\u00e8re, aux \u00c9ditions Magellan &amp; Cie, cette autobiographie dresse le portrait de cette femme d\u2019une famille noble britannique, n\u00e9e en France et qui deviendra reine de Born\u00e9o.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"article-page_body\" style=\"color: #000000;\">\n<div class=\"article-page_article\">\n<div class=\"article\">\n<div class=\"article_main-visual\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/actualitte.com\/uploads\/images\/hhh-626801cd482a2316668620.png\" alt=\"ActuaLitt\u00e9\" width=\"944\" \/><\/div>\n<div class=\"article_content\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: rgb(0, 0, 0);\">Les historiens en ont conscience, les autobiographies sont toujours \u00e0 \u00e9tudier avec prudence. Celle-ci ne fait pas exception mais il faut bien avouer que rarement ce type d\u2019exercice fut teint\u00e9 d\u2019autant de couleurs, de lumi\u00e8re et de chaleur, au sens propre comme au sens figur\u00e9.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: rgb(0, 0, 0);\">Margaret Brooke pourrait presque \u00eatre une h\u00e9ro\u00efne de Jane Austin avec une touche de Rudyard Kipling. Esprit vif, ind\u00e9pendant et curieux, elle n\u2019h\u00e9sitera pas longtemps avant d\u2019accepter la demande en mariage de son vieux cousin, Charles Brooke, \u00ab<em>\u00a0rajah blanc<\/em>\u00a0\u00bb du Sarawak. Tout, m\u00eame ce mariage arrang\u00e9, plut\u00f4t que de rester \u00e0 s\u2019ennuyer dans les mondanit\u00e9s anglaises. Et voil\u00e0 qu\u2019elle nous embarque avec elle dans son voyage qui la m\u00e8nera dans un \u00ab\u00a0<em>royaume\u00a0<\/em>\u00bb, o\u00f9 vivent, entre autres, les terrifiants Dayaks, coupeurs de t\u00eates.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: rgb(0, 0, 0);\">Bien s\u00fbr, \u00e0 la lecture de ce livre, tr\u00e8s vite le lecteur se rend compte que la principale protagoniste semble vivre dans un monde parall\u00e8le. Les m\u00e9chants coupeurs de t\u00eates deviennent vite de bons fermiers voire des amis.\u00a0<\/span><br \/>\n<span style=\"color: rgb(0, 0, 0);\">D\u2019ailleurs, s\u2019il y a une expression qui revient tr\u00e8s fr\u00e9quemment c\u2019est bien \u00ab nous dev\u00eenmes rapidement ami.e.s \u00bb car la rani (femme du rajah) devient amie avec tout le monde : les nobles, les serviteurs, les Malais, les visiteurs, les prisonniers, les grands hommes de lettres, les musiciens et je dois en passer.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour autant, tout aussi enthousiaste que semble \u00eatre Margaret Brooke, il est \u00e9vident que la vie r\u00e9serve \u00e0 tout le monde son lot de malheurs et la postface de l\u2019historien Alain Quella-Vill\u00e9ger est l\u00e0 pour nous le rappeler.\u00a0 Cette femme qui eut six enfants, connut la disparition de quatre d\u2019entre eux, dont trois en bas \u00e2ge, et \u00e0 quelques jours d\u2019intervalle, \u00e0 cause du chol\u00e9ra. Est-ce par pudeur qu\u2019elle ne s\u2019appesantit pas sur ses malheurs ? Son mari \u00e9tait un homme \u00ab\u00a0<em>r\u00e9put\u00e9 inflexible, taciturne, sans humour, [\u2026], sauvage m\u00eame \u00bb qui comprit vite les enjeux du Sarawak au point o\u00f9 il \u00ab \u00e9tait plus \u00e0 l\u2019aise parmi les autochtones des for\u00eats qu\u2019entre les murs des salons de la Tamise.\u00a0<\/em>\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le mariage fut un mariage arrang\u00e9, le respect mutuel semble pr\u00e9sent, il n\u2019emp\u00eache n\u00e9anmoins que Charles Brooke eut de nombreuses ma\u00eetresses et que les nombreux retours en Angleterre de Margaret montrent de fa\u00e7on \u00e9vidente que tout n\u2019allait pas bien dans le meilleur des mondes. Elle \u00ab\u00a0<em>entend pr\u00e9senter un royaume b\u00e9ni, beau, avec un peuple heureux et reconnaissant, mais ses propres d\u00e9parts r\u00e9guliers ne peuvent faire oublier qu\u2019il s\u2019agit \u00e0 bien des \u00e9gards d\u2019un territoire \u00e9quatorial isol\u00e9, \u00e0 la m\u00e9t\u00e9orologie inconfortable, avec sa faune de serpents, moustiques porteurs de malaria et autres crocodiles d\u2019estuaire\u2026\u00a0<\/em>\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais enfin, une fois fait le constat que la vie ne l\u2019a pas \u00e9pargn\u00e9e plus que n\u2019importe qui, il appara\u00eet tr\u00e8s nettement que cette femme, \u00e0 la personnalit\u00e9 \u00ab<em>\u00a0atypique et attachante \u00bb\u00a0<\/em>avait tout de m\u00eame la capacit\u00e9 de voir le verre \u00e0 moiti\u00e9 plein, plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 moiti\u00e9 vide. Elle contribua \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019\u00e9coles au Sarawak \u00e0 destination des jeunes filles, apporta son soutien \u00e0 la femme d\u2019Alfred Dreyfus et lutta avec force contre le racisme. Car, si Margaret Brooke nous \u00ab\u00a0<em>invite\u00a0<\/em>\u00bb en plein colonialisme, il ne fait aucun doute \u00e0 la lire, m\u00eame si de nouveau nous insistons sur le fait que le Sarawak \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre le paradis sur terre ici d\u00e9crit, il ne fait aucun doute disais-je, que le rajah et la rani, comme le premier rajah blanc avant eux, James Brooke, ne cherch\u00e8rent jamais\u00a0<em>\u00ab \u00e0 imposer un quelconque mod\u00e8le colonial britannique<\/em>\u00a0\u00bb, bien au contraire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelles que soient les raisons pour lesquelles Margaret Brooke pr\u00e9f\u00e9ra enjoliver sa vie, dont quelques hypoth\u00e8ses sont pos\u00e9es dans la postface, cette autobiographie est un r\u00e9el voyage qui nous emm\u00e8ne \u00e0 l\u2019aventure du c\u00f4t\u00e9 de Born\u00e9o ou \u00e0 la rencontre de personnalit\u00e9s telles que Henry James, <span style=\"color: rgb(255, 0, 0);\">Pierre Loti<\/span> et tant d\u2019autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est sans h\u00e9siter que vous pouvez vous lancer dans \u00ab\u00a0<em>ce savoureux r\u00e9cit, color\u00e9 autant qu\u2019\u00e9tonnant, ponctu\u00e9 de sc\u00e8nes en technicolor tr\u00e8s cin\u00e9matographiques, comme de drames terribles [et qui] commence aux environs de Paris\u2026<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bon voyage !<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"book-shelf\">\n<div class=\"book-shelf-row\">\n<div class=\"book-shelf-col book-shelf-cover-col\"><span class=\"book-shelf-cover-internal-link\" style=\"color: inherit;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"https:\/\/actualitte.com\/uploads\/images\/9782350746975-475x500-1-6233cd0b18aa0931655885.jpg\" alt=\"ActuaLitt\u00e9\" width=\"325\" height=\"500\" \/><\/span><\/div>\n<div class=\"book-shelf-col book-shelf-infos-container\">\n<div class=\"book-shelf-row book-shelf-infos-container-row\">\n<div class=\"book-shelf-col\" style=\"text-align: justify;\"><span class=\"book-shelf-element book-shelf-author\"><span style=\"color: #ff0000;\">Alain Quella-Vill\u00e9ger<\/span>, Michelle Deperrois-Fayet, Christine Ribardiere, Margaret Brooke<\/span>\u00a0<span class=\"book-shelf-element book-shelf-translator\">trad. Michelle Deperrois-Fayet, Christine Ribardiere<\/span>\u00a0<span class=\"book-shelf-element book-shelf-editor\">Magellan &amp; Cie<\/span><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"book-shelf-row\" style=\"text-align: justify;\">\n<div class=\"book-shelf-col\">\n<div class=\"book-shelf-line\"><span class=\"book-shelf-element book-shelf-title\"><i>Reine a borneo<\/i><\/span><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"book-shelf-row book-shelf-extras-container-row\" style=\"text-align: justify;\">\n<div class=\"book-shelf-col\"><span class=\"book-shelf-element book-shelf-date\">11\/03\/2022<\/span>\u00a0<span class=\"book-shelf-element book-shelf-date\">333 pages<\/span>\u00a0<span class=\"book-shelf-element book-shelf-price\">12,00 \u20ac<\/span><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/actualitte.com\/article\/105770\/chroniques\/reine-de-coeur-au-pays-des-coupeurs-de-tetes\" target=\"_blank\">https:\/\/actualitte.com\/article\/105770\/chroniques\/reine-de-coeur-au-pays-des-coupeurs-de-tetes<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelle autobiographie r\u00e9jouissante que voici ! Margaret Brooke (1849-1936) se raconte dans un livre qu\u2019elle publia en 1934 sous le titre original de Good morning and good night. Aujourd\u2019hui traduite en fran\u00e7ais par Michelle Deperrois-Fayet et Christine Ribardi\u00e8re, aux \u00c9ditions Magellan &amp; Cie, cette autobiographie dresse le portrait de cette femme d\u2019une famille noble britannique, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[20,27],"tags":[85],"class_list":["post-11508","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actus","category-recentes","tag-actualites-pierre-loti"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11508","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11508"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11508\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11509,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11508\/revisions\/11509"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11508"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11508"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11508"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}