{"id":10795,"date":"2021-11-14T23:01:30","date_gmt":"2021-11-14T23:01:30","guid":{"rendered":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/?p=10795"},"modified":"2021-11-14T23:06:20","modified_gmt":"2021-11-14T23:06:20","slug":"1912-tahiti-au-temps-des-premiers-tournages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/?p=10795","title":{"rendered":"1912 : Tahiti au temps des premiers tournages"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Logo-tahiti-infos.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-3025\" src=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Logo-tahiti-infos-300x118.png\" alt=\"Logo tahiti-infos\" width=\"300\" height=\"118\" srcset=\"https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Logo-tahiti-infos-300x118.png 300w, https:\/\/dev.pierreloti.eu\/wp-content\/uploads\/2017\/06\/Logo-tahiti-infos.png 430w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<div class=\"titre\" style=\"color: #000000;\">\n<h1 class=\"access\" style=\"color: #000000;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"not-responsive aligncenter\" title=\"1912 : Tahiti au temps des premiers tournages\" src=\"https:\/\/www.tahiti-infos.com\/photo\/art\/default\/59880983-43917138.jpg?v=1635475718\" alt=\"1912 : Tahiti au temps des premiers tournages\" width=\"733\" height=\"503\" \/><\/h1>\n<\/div>\n<div class=\"entry-content instapaper_body\" style=\"color: #000000;\">\n<div id=\"para_1\" class=\"para_43917138 resize\">\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333;\">\n<div style=\"text-align: justify;\" title=\"Page 1\"><strong>Tahiti, le 29 octobre 2021 &#8211;\u00a0Quand on parle de ce\u0301le\u0300bres tournages a\u0300 Tahiti et dans nos i\u0302les, on pense bien su\u0302r immanquablement aux deux versions\u00a0des\u00a0re\u0301volte\u0301s de la Bounty, celle de 1983 avec Mel Gibson bien entendu, mais surtout celle de 1962 avec Marlon Brando dans le ro\u0302le titre. Il y en eut d\u2019autres avant dont\u00a0Tabu\u00a0de Murnau, tourne\u0301\u00a0fin 1929 et en 1930 a\u0300 Bora Bora, pre\u0301sente\u0301 au public en 1931. On\u00a0parle de Murnau, mais pour e\u0302tre complet, a\u0300 Friedrich Wilhelm Murnau, il faut ajouter le re\u0301alisateur Robert Flaherty. Mais c\u0327a serait oublier un peu vite Gaston Me\u0301lies&#8230;<\/strong>\u00c0 quelle date ont pr\u00e9cis\u00e9ment commenc\u00e9 les premiers tournages cin\u00e9matographies \u00e0 Tahiti\u00a0? On sait qu\u2019en 1907, \u00e0 bord du yacht de Jack London, le\u00a0<em>Snark<\/em>, un d\u00e9nomm\u00e9 L\u00e9opold Sutto a ramen\u00e9, pour le compte de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise Path\u00e9 Fr\u00e8res, les premi\u00e8res images tourn\u00e9es en Oc\u00e9anie, en l\u2019occurrence une \u201cP\u00eache \u00e0 la dynamite dans les \u00eeles Salomon\u201d. Le film aurait \u00e9t\u00e9 mont\u00e9 et pr\u00e9sent\u00e9 au public en 1909. Mais les Salomon, c\u2019est tout de m\u00eame bien loin de chez nous&#8230;<strong>Une \u00e9trange troupe \u00e0 Tahiti<\/strong>A Tahiti, il fallut attendre 1912 pour voir d\u00e9barquer une \u00e9trange \u00e9quipe de tournage, en provenance de la c\u00f4te ouest des \u00c9tats-Unis, emmen\u00e9e par un Fran\u00e7ais, Gaston M\u00e9li\u00e8s, fr\u00e8re du c\u00e9l\u00e8bre Georges M\u00e9li\u00e8s.<\/p>\n<p>Entre les deux fr\u00e8res, ce n\u2019\u00e9tait plus l\u2019entente cordiale. Georges avait envoy\u00e9 Gaston \u00e0 New York en 1902 car il en avait assez de voir toutes les \u0153uvres de sa soci\u00e9t\u00e9, la M\u00e9li\u00e8s Star Film, pill\u00e9es par des \u201cpirates\u201d, sachant qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut de copyright \u00e0 l\u2019\u00e9poque, il \u00e9tait bien difficile d\u2019\u00e9viter les plagiats et les copies. Depuis son bureau dans Manhattan, Gaston remit certes de l\u2019ordre aux \u00c9tats-Unis dans les affaires de la soci\u00e9t\u00e9 familiale, mais il se voyait mal passer sa vie enferm\u00e9.<\/p>\n<p>Ce qu\u2019il voulait, lui aussi, c\u2019\u00e9tait tourner. Or, \u00e0 New-York, la lumi\u00e8re \u00e9tait insuffisante une grande partie de l\u2019ann\u00e9e. Gaston profita de l\u2019occasion qui lui fut donn\u00e9e de monter une succursale \u00e0 Chicago en 1908, mais si le business \u00e9tait int\u00e9ressant, en revanche, c\u00f4t\u00e9 lumi\u00e8re, c\u2019\u00e9tait pire que New-York.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\"><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"para_2\" class=\"para_43917139 resize\">\n<div class=\"photo shadow top\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"not-responsive aligncenter\" title=\"Gaston M\u00e9li\u00e8s n\u2019a jamais atteint la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 de son fr\u00e8re, prestidigitateur puis cr\u00e9ateur de g\u00e9nie \u00e0 partir de son studio, (alors que Gaston pr\u00e9f\u00e9rait le plein air).\" src=\"https:\/\/www.tahiti-infos.com\/photo\/art\/default\/59880983-43917139.jpg?v=1635475889\" alt=\"Gaston M\u00e9li\u00e8s n\u2019a jamais atteint la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 de son fr\u00e8re, prestidigitateur puis cr\u00e9ateur de g\u00e9nie \u00e0 partir de son studio, (alors que Gaston pr\u00e9f\u00e9rait le plein air).\" width=\"579\" height=\"613\" \/><\/p>\n<div class=\"legende legende_43917139\" style=\"color: #333333;\">Gaston M\u00e9li\u00e8s n\u2019a jamais atteint la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 de son fr\u00e8re, prestidigitateur puis cr\u00e9ateur de g\u00e9nie \u00e0 partir de son studio, (alors que Gaston pr\u00e9f\u00e9rait le plein air).<\/div>\n<div class=\"legende legende_43917139\" style=\"color: #333333;\"><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333; text-align: justify;\"><strong>Au soleil du Texas, puis de la Californie<\/strong>En qu\u00eate de soleil, M\u00e9li\u00e8s s\u2019installa d\u2019abord \u00e0 Fort Lee, dans le New Jersey, puis \u00e0 San Antonio, au Texas\u00a0: inspir\u00e9 par la formidable tourn\u00e9e de Buffalo Bill avec son cirque de cow-boys et d\u2019Indiens, Gaston monta une troupe et se mit \u00e0 mettre en sc\u00e8ne les premiers westerns\u00a0; mais le succ\u00e8s se faisait attendre. On lui doit toutefois le tournage du premier film sur la bataille de Fort Alamo qui opposa une troupe d\u2019Am\u00e9ricains, dont Davy Crockett, \u00e0 l\u2019arm\u00e9e mexicaine emmen\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral Santa Anna (cinquante ans avant le grand classique de John Wayne).Finalement, en 1909, il d\u00e9m\u00e9nagea une fois de plus pour planter ses studios \u00e0 Santa Paula, proche de Los Angeles. Il y rapatria son \u00e9quipe o\u00f9 l\u00e0 enfin la lumi\u00e8re \u00e9tait parfaite et les infrastructures urbaines id\u00e9ales pour travailler dans de bonnes conditions. Mais la concurrence \u00e9tait rude, les th\u00e8mes \u00e9cul\u00e9s (pi\u00e8tres westerns, ru\u00e9e vers l\u2019or\u2026) et Gaston sentait bien que s\u2019il ne trouvait pas l\u2019id\u00e9e du si\u00e8cle, il serait condamn\u00e9 \u00e0 v\u00e9g\u00e9ter et \u00e0 jouer, en quelque sorte, les seconds r\u00f4les en tant que r\u00e9alisateur et producteur de films.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\"><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"para_3\" class=\"para_43917143 resize\">\n<div class=\"photo shadow top\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"not-responsive aligncenter\" title=\"Papeete ressemblait \u00e0 cela lors du passage de l\u2019\u00e9quipe de M\u00e9li\u00e8s.\" src=\"https:\/\/www.tahiti-infos.com\/photo\/art\/default\/59880983-43917143.jpg?v=1635476040\" alt=\"Papeete ressemblait \u00e0 cela lors du passage de l\u2019\u00e9quipe de M\u00e9li\u00e8s.\" width=\"733\" height=\"489\" \/><\/p>\n<div class=\"legende legende_43917143\" style=\"color: #333333;\">Papeete ressemblait \u00e0 cela lors du passage de l\u2019\u00e9quipe de M\u00e9li\u00e8s.<\/div>\n<div class=\"legende legende_43917143\" style=\"color: #333333;\"><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333; text-align: justify;\"><strong>Un nouveau cr\u00e9neau, l\u2019exotisme<\/strong>De plus en plus en froid avec son fr\u00e8re Georges, Gaston se lan\u00e7a dans une aventure que personne n\u2019avait os\u00e9 faire avant lui\u00a0: explorer un nouveau cr\u00e9neau pour le cin\u00e9ma, l\u2019exotisme. Il aurait pu choisir la facilit\u00e9 et se rendre aux \u00eeles Hawaii, mais non, \u00e0 grand frais il loua un bateau (la go\u00e9lette\u00a0<em>Moana<\/em>) et partit \u00e0 l\u2019aventure dans les Mers du Sud, bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 ramener une moisson d\u2019images jamais vues.Cette exp\u00e9dition (qui dura de juillet 1912 \u00e0 mai 1913) devait lui rapporter la fortune mais aussi et surtout la gloire \u00e0 laquelle il aspirait, trop cach\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait \u00e0 son go\u00fbt dans l\u2019ombre de son g\u00e9nial fr\u00e8re.Comble des combles, Gaston ne toucha pas un mot de ce projet tout de m\u00eame \u00e9norme pour l\u2019\u00e9poque \u00e0 Georges qui appr\u00e9cia plus que mod\u00e9r\u00e9ment cette vaste op\u00e9ration aussi secr\u00e8te que co\u00fbteuse.<\/p>\n<p>Le 24 juillet 1912, avec sa jeune \u00e9pouse et sa troupe de \u201ccow-boys\u201d et de techniciens (au total vingt-deux personnes, toutes am\u00e9ricaines), il embarqua \u00e0 San Francisco, cap sur Tahiti. C\u2019\u00e9tait l\u00e0, il en \u00e9tait convaincu, qu\u2019il allait trouver ce paradis des Mers du Sud qui devait lui permettre de tourner des fictions, mais aussi des documentaires qui allaient rel\u00e9guer la p\u00eache \u00e0 la dynamite de Sutto au rang de bricolage\u2026<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"para_4\" class=\"para_43917146 resize\">\n<div class=\"photo shadow top\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"not-responsive aligncenter\" title=\"Le march\u00e9 de Papeete, trop moderne aux yeux des Am\u00e9ricains.\" src=\"https:\/\/www.tahiti-infos.com\/photo\/art\/default\/59880983-43917146.jpg?v=1635476105\" alt=\"Le march\u00e9 de Papeete, trop moderne aux yeux des Am\u00e9ricains.\" width=\"733\" height=\"446\" \/><\/p>\n<div class=\"legende legende_43917146\" style=\"color: #333333;\">Le march\u00e9 de Papeete, trop moderne aux yeux des Am\u00e9ricains.<\/div>\n<div class=\"legende legende_43917146\" style=\"color: #333333;\"><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333; text-align: justify;\"><strong>Le visage de l\u2019Oncle Sam<\/strong>Oui mais voil\u00e0\u00a0: Tahiti n\u2019\u00e9tait pas Los Angeles. Il fallait loger tout ce petit monde, les prix \u00e9taient \u00e9lev\u00e9s, les h\u00f4tels pas aux normes d\u2019exigence des Am\u00e9ricains\u00a0; quant aux Tahitiens de Papeete, bien trop \u201ccivilis\u00e9s\u201d au go\u00fbt de M\u00e9li\u00e8s, ils ne risquaient pas de se pr\u00eater \u00e0 des documentaires entre sauvagerie et exotisme d\u00e9brid\u00e9.<br \/>\nBref, rien n\u2019allait comme le souhaitait le r\u00e9alisateur qui d\u00e9cida finalement de s\u2019installer \u00e0 Papara, district plus authentique que Papeete.Par le p\u00e8re O\u2019Reilly, on en sait un peu plus sur cette \u00e9quipe, \u00e0 commencer par Madame M\u00e9li\u00e8s, jug\u00e9e charmante tandis que lui \u201c<em>avec ses cheveux gris et broussailleux, ses yeux aigus, sa longue imp\u00e9riale, il s\u2019est fait le visage que les caricaturistes pr\u00eatent \u00e0 l\u2019Oncle Sam\u201d<\/em>.Le sc\u00e9nariste Stanley Lee, dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019universit\u00e9 d\u2019Edimbourg, \u00e9tait celui qui devait \u00e9crire au plus vite des sc\u00e9narios\u00a0; pas vraiment inform\u00e9 de sa destination, il s\u2019attendait \u00e0 trouver une population adepte du base-ball et travaillant dans des ranchs. Il lui fallut donc tr\u00e8s rapidement changer de fuseau horaire et se mettre au travail pour \u201cpondre\u201d des sc\u00e9narios tenant la route et adapt\u00e9s \u00e0 ce nouvel environnement.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\"><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"para_5\" class=\"para_43917147 resize\">\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333; text-align: justify;\"><strong>La belle, le beau et la b\u00eate<\/strong>M\u00e9li\u00e8s avait \u00e9galement dans ses bagages la belle Miss Bella, vedette de ses fictions, qui, disait-on, savait tout faire en bonne actrice de westerns\u00a0: cavali\u00e8re \u00e9m\u00e9rite, elle \u00e9tait \u00e9galement cascadeuse au besoin, sachant manier un Colt Frontier Six X-Shooter et enfin, utile dans nos eaux, nageuse \u00e9m\u00e9rite. Elle donnait la r\u00e9plique au bell\u00e2tre de service, un acteur nomm\u00e9 Edward Donald, \u00e0 l\u2019aise dans toutes les tenues qu\u2019on lui fournissait et dot\u00e9, disait-on alors, d\u2019une \u00e9l\u00e9gance certaine. Il y avait m\u00eame un vrai cow-boy, Juan Ortega. Une seule chose est aujourd\u2019hui certaine, aucune de ces \u201cstars\u201d n\u2019est pass\u00e9e \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9\u00a0! Il y avait aussi, pour compl\u00e9ter le tableau, le m\u00e9chant de service, une sombre brute r\u00e9pondant au nom de Matthew Black aussi muscl\u00e9 que velu, parfait pour tenir le r\u00f4le d\u2019un King Kong tropical.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"para_6\" class=\"para_43917150 resize\">\n<div class=\"photo shadow top\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"not-responsive aligncenter\" title=\"Impossible de tourner \u00e0 Papeete, trop moderne ; M\u00e9li\u00e8s se rabattit sur Papara o\u00f9 il trouva suffisamment d\u2019exotisme.\" src=\"https:\/\/www.tahiti-infos.com\/photo\/art\/default\/59880983-43917150.jpg?v=1635476175\" alt=\"Impossible de tourner \u00e0 Papeete, trop moderne ; M\u00e9li\u00e8s se rabattit sur Papara o\u00f9 il trouva suffisamment d\u2019exotisme.\" width=\"612\" height=\"464\" \/><\/p>\n<div class=\"legende legende_43917150\" style=\"color: #333333;\">Impossible de tourner \u00e0 Papeete, trop moderne ; M\u00e9li\u00e8s se rabattit sur Papara o\u00f9 il trouva suffisamment d\u2019exotisme.<\/div>\n<div class=\"legende legende_43917150\" style=\"color: #333333;\"><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333; text-align: justify;\"><strong>Tati Salmon aux commandes<\/strong>A Papara, ce fut le chef du district, Tati Salmon, qui accueillit la troupe de saltimbanques et qui organisa tout\u00a0: h\u00e9bergement, nourriture, embauche des acteurs et des figurants, tout passait par lui, y compris et surtout l\u2019argent n\u00e9cessaire aux tournages. On ne sait \u00e9videmment pas comment ces dollars furent ensuite r\u00e9partis, mais le fait est que les Tahitiens de Papara eurent, nous apprend le p\u00e8re O\u2019Reilly, bien du mal \u00e0 se plier \u00e0 la discipline des longues journ\u00e9es de tournage.On ne sait pas grand chose de la production de M\u00e9li\u00e8s \u00e0 Tahiti, sinon quelques titres de films\u00a0: \u201cBallad of the South Seas\u201d, \u201cA Tale of Old Tahiti\u201d, \u201cUnmasked by a Kanaka\u201d. Le premier film sera pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 New-York en janvier 1913, les deux autres en f\u00e9vrier de la m\u00eame ann\u00e9e.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\"><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"para_7\" class=\"para_43917151 resize\">\n<div class=\"photo shadow top\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"not-responsive aligncenter\" title=\"En Nouvelle-Z\u00e9lande, nouvelle d\u00e9ception pour M\u00e9li\u00e8s, les hommes ne portaient plus les tatouages faciaux (le moko), seules les femmes arboraient encore sur la bouche et le menton quelques motifs anciens.\" src=\"https:\/\/www.tahiti-infos.com\/photo\/art\/default\/59880983-43917151.jpg?v=1635476244\" alt=\"En Nouvelle-Z\u00e9lande, nouvelle d\u00e9ception pour M\u00e9li\u00e8s, les hommes ne portaient plus les tatouages faciaux (le moko), seules les femmes arboraient encore sur la bouche et le menton quelques motifs anciens.\" width=\"733\" height=\"505\" \/><\/p>\n<div class=\"legende legende_43917151\" style=\"color: #333333;\">En Nouvelle-Z\u00e9lande, nouvelle d\u00e9ception pour M\u00e9li\u00e8s, les hommes ne portaient plus les tatouages faciaux (le moko), seules les femmes arboraient encore sur la bouche et le menton quelques motifs anciens.<\/div>\n<div class=\"legende legende_43917151\" style=\"color: #333333;\"><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333; text-align: justify;\"><strong>Chez les Maories tatou\u00e9es<\/strong>Apr\u00e8s deux mois de tournage intensif, la G. M\u00e9li\u00e8s Star Film Company mit les voiles sur Raiatea pour y trouver une authenticit\u00e9 plus grande, mais malheureusement, ce mois de septembre 1913 \u00e9tait particuli\u00e8rement pluvieux aux \u00eeles Sous-le-Vent et les tournages ne purent se faire dans de bonnes conditions.Estimant avoir fait le tour du sujet dans ce qui est l\u2019actuelle Polyn\u00e9sie fran\u00e7aise, M\u00e9li\u00e8s repartit, cette fois-ci \u00e0 destination de la Nouvelle-Z\u00e9lande o\u00f9 toute la troupe s\u2019engagea r\u00e9solument \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des terres de l\u2019\u00eele du Nord, pour y filmer les Maoris, \u00e0 la fois sous l\u2019angle ethnographique et sous celui, plus classique, de fictions.Les conditions de tournage comme d\u2019h\u00e9bergement n\u2018\u00e9taient pas meilleures qu\u2019\u00e0 Papara ou qu\u2019\u00e0 Raiatea, mais au moins tout le monde ou presque parlait anglais ce qui simplifia la tache de M\u00e9li\u00e8s. Il tourna au village de Whakarewarewa (abr\u00e9g\u00e9 de\u00a0<em>Te Whakarewarewatanga O Te Ope Taua A Wahiao<\/em>, qui signifie\u00a0<em>\u201cle soul\u00e8vement des guerriers de Wahiao).\u00a0<\/em>M\u00e9li\u00e8s \u00e9tait l\u00e0 en plein c\u0153ur de la r\u00e9gion volcanique et g\u00e9othermique\u00a0de la ville de\u00a0<a class=\"liens\" style=\"color: #2290cc;\" href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Rotorua\">Rotorua<\/a>, proche du lac Taupo. Les paysages \u00e9taient fantastiques, mais malheureusement pour M\u00e9li\u00e8s, toujours en qu\u00eate d\u2019exotisme, les hommes n\u2019\u00e9taient plus tatou\u00e9s et ne portaient plus sur le visage le moko de leurs anc\u00eatres, alors que les femmes arboraient, elles, de petits tatouages sur le menton et la partie inf\u00e9rieure du visage.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\"><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"para_8\" class=\"para_43917155 resize\">\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333; text-align: justify;\"><strong>Pluie, alcool et syphilis&#8230;<\/strong>Deux petits soucis vinrent consid\u00e9rablement gripper la belle machine de M\u00e9li\u00e8s : d\u2019abord la pluie, comme \u00e0 Raiatea, mais plus froide, et surtout l\u2019alcool qui coulait \u00e0 flot au sein de l\u2019\u00e9quipe comme des figurants. Quant \u00e0 l\u2019une des vedettes masculines de la troupe, surnomm\u00e9e Johnny le Cow-Boy, il fallut l\u2019hospitaliser \u00e0 Wellington et l\u2019y laisser car le beau jeune homme avait des petits soucis en dessous de la ceinture ; il avait en effet contract\u00e9 la syphilis \u00e0 Tahiti et son \u00e9tat ne lui permettait plus de travailler, la \u201cmaladie honteuse\u201d \u00e9tant devenue aussi prioritaire qu\u2019envahissante (\u00e0 l\u2019\u00e9poque, il n\u2019y avait pas les antibiotiques modernes\u2026).<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"para_9\" class=\"para_43917157 resize\">\n<div class=\"photo shadow top\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"not-responsive aligncenter\" title=\"Photo souvenir de M\u00e9li\u00e8s au milieu d\u2019une troupe d\u2019Aborig\u00e8nes savamment mis en sc\u00e8ne.\" src=\"https:\/\/www.tahiti-infos.com\/photo\/art\/default\/59880983-43917157.jpg?v=1635476346\" alt=\"Photo souvenir de M\u00e9li\u00e8s au milieu d\u2019une troupe d\u2019Aborig\u00e8nes savamment mis en sc\u00e8ne.\" width=\"733\" height=\"533\" \/><\/p>\n<div class=\"legende legende_43917157\" style=\"color: #333333;\">Photo souvenir de M\u00e9li\u00e8s au milieu d\u2019une troupe d\u2019Aborig\u00e8nes savamment mis en sc\u00e8ne.<\/div>\n<div class=\"legende legende_43917157\" style=\"color: #333333;\"><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333; text-align: justify;\"><strong>Des Aborig\u00e8nes en piteux \u00e9tat<\/strong>M\u00e9li\u00e8s avait re\u00e7u un coup au moral et d\u00e9cida de proc\u00e9der \u00e0 une \u00e9puration au sein de sa fine \u00e9quipe : les moins indispensables furent renvoy\u00e9s par le premier bateau aux \u00c9tats-Unis tandis que le r\u00e9alisateur et producteur s\u2019embarquait avec un effectif r\u00e9duit en direction de l\u2019Australie. Le 9 novembre 1912, la troupe s\u2019installait dans le Queensland, \u00e0 Murgon, pr\u00e8s du village de Barambay.L\u00e0 encore, cruelle d\u00e9ception pour M\u00e9li\u00e8s qui esp\u00e9rait trouver des Aborig\u00e8nes en pleine forme, chassant le kangourou avec leurs boomerangs ; en lieu et place, il se retrouva face \u00e0 une tribu d\u2019hommes \u201cd\u00e9charn\u00e9s, poitrinaires et syphilitiques\u201d ce qui limita \u00e9videmment les possibilit\u00e9s de documentaires susceptibles de faire r\u00eaver les citadins des grandes villes am\u00e9ricaines.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"para_10\" class=\"para_43917169 resize\">\n<div class=\"photo shadow top\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"not-responsive aligncenter\" title=\"A Angkor, l\u2019\u00e9quipe r\u00e9duite de Gaston M\u00e9li\u00e8s put tourner mais les conditions m\u00e9t\u00e9o ex\u00e9crables limit\u00e8rent les possibilit\u00e9s de travailler (photo : JG Mulder).\" src=\"https:\/\/www.tahiti-infos.com\/photo\/art\/default\/59880983-43917169.jpg?v=1635476397\" alt=\"A Angkor, l\u2019\u00e9quipe r\u00e9duite de Gaston M\u00e9li\u00e8s put tourner mais les conditions m\u00e9t\u00e9o ex\u00e9crables limit\u00e8rent les possibilit\u00e9s de travailler (photo : JG Mulder).\" width=\"733\" height=\"459\" \/><\/p>\n<div class=\"legende legende_43917169\" style=\"color: #333333;\">A Angkor, l\u2019\u00e9quipe r\u00e9duite de Gaston M\u00e9li\u00e8s put tourner mais les conditions m\u00e9t\u00e9o ex\u00e9crables limit\u00e8rent les possibilit\u00e9s de travailler (photo : JG Mulder).<\/div>\n<div class=\"legende legende_43917169\" style=\"color: #333333;\"><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333; text-align: justify;\"><strong>De la pluie \u00e0 Angkor<\/strong>De guerre lasse, M\u00e9li\u00e8s abandonna le Pacifique Sud, direction Java, Singapour (o\u00f9 il tourna deux films) puis le Cambodge. L\u00e0, il le savait, les ruines des temples d\u2019Angkor allaient lui permettre d\u2019atteindre au sublime : on ne pouvait, \u00e0 ses yeux, r\u00eaver plus beau d\u00e9cor. Oui mais voil\u00e0 : une fois de plus, il pleuvait et pas qu\u2019un peu ! Un vrai d\u00e9luge, la mousson dans toute son horreur ; difficile de tourner la moindre image ; partout on pataugeait all\u00e8grement m\u00eame si cette m\u00e9t\u00e9o d\u00e9sastreuse ne semblait pas affecter le moins du monde les Cambodgiens impassibles.Malgr\u00e9 ces conditions climatiques compliqu\u00e9es, M\u00e9li\u00e8s parvint tout de m\u00eame \u00e0 mettre en bo\u00eete deux films \u00e0 Angkor alors que les Fran\u00e7ais de l\u2019EFEO (\u00c9cole fran\u00e7aise de l\u2019Extr\u00eame-Orient) commen\u00e7aient \u00e0 d\u00e9gager les ruines de leur gangue v\u00e9g\u00e9tale.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\"><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"para_11\" class=\"para_43917171 resize\">\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333; text-align: justify;\"><strong>Un Japon peu hospitalier<\/strong>Tr\u00e8s d\u00e9\u00e7u par le climat, M\u00e9li\u00e8s s\u2019embarqua pour le Japon. L\u00e0-bas, il fut re\u00e7u avec une hospitalit\u00e9 toute orientale ; pas une tasse de th\u00e9 ne lui fut refus\u00e9e, pas une courbette ne manqua \u00e0 l\u2019appel, sauf que les Japonais n\u2019aimaient pas les \u00e9trangers et lui refus\u00e8rent beaucoup de ce qu\u2019il demandait. Pas question de lui ouvrir les portes des temples sacr\u00e9s, pas question de le laisser embaucher des figurantes, pas question de jouer au \u201cpetit Chinois dans une rizi\u00e8re\u201d, bref, l\u2019exquise politesse de ses interlocuteurs n\u2019avait d\u2019\u00e9gale que leur intransigeance.Malgr\u00e9 tout, \u00e0 force de persuasion, Gaston obtint la possibilit\u00e9 de tourner un film sur le judo, dans le dojo o\u00f9 les r\u00e8gles du judo moderne avaient \u00e9t\u00e9 sacralis\u00e9es. Ce film existe en France o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 num\u00e9ris\u00e9 et une copie existerait au Japon, d\u00e9tenue par les responsables du dojo en question.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"para_12\" class=\"para_43917175 resize\">\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333; text-align: justify;\"><strong>La mort au bout du chemin<\/strong>Pour le r\u00e9alisateur, la fin du voyage fut un long calvaire et d\u2019ailleurs, il tomba gravement malade et d\u00e9cida de rentrer, compl\u00e8tement \u00e9puis\u00e9. Il s\u2019embarqua \u00e0 Yokohama le 10 mai 1913, mais il \u00e9vita soigneusement les \u00c9tats-Unis car il savait \u00eatre attendu par la Justice pour des affaires pas tr\u00e8s claires. Il pr\u00e9f\u00e9ra rentrer discr\u00e8tement \u201c\u00e0 la maison\u201d, en France, son fils, Paul, ayant en charge de liquider les int\u00e9r\u00eats de la soci\u00e9t\u00e9 M\u00e9li\u00e8s aux \u201cStates\u201d.En tr\u00e8s mauvaise sant\u00e9, Gaston M\u00e9li\u00e8s, toujours en froid avec son fr\u00e8re Georges, se retira en Corse o\u00f9 il ne parvint pas \u00e0 refaire surface. Sa sant\u00e9 se d\u00e9grada de plus en plus, son voyage dans le Pacifique Sud avait \u00e9t\u00e9 sur le plan sanitaire un d\u00e9sastre, et il rendit son dernier soupir en 1915, en Corse, pauvre et compl\u00e8tement abattu par le r\u00e9sultat plus que m\u00e9diocre de ce qui avait \u00e9t\u00e9 le grand projet de sa vie\u2026<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\"><\/div>\n<\/div>\n<div id=\"intertitre_13\" class=\"intertitre before_top resize\" style=\"color: #bb1929;\"><br class=\"access\" style=\"color: #bb1929;\" \/><\/p>\n<h2 class=\"access\" style=\"color: #bb1929;\">Un bilan tr\u00e8s mitig\u00e9<\/h2>\n<\/div>\n<div id=\"para_13\" class=\"para_43917183 resize\">\n<div class=\"photo shadow top\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"not-responsive aligncenter\" title=\"Les studios tr\u00e8s \u201cwestern\u201d de la compagnie de Gaston M\u00e9li\u00e8s aux \u00c9tats-Unis.\" src=\"https:\/\/www.tahiti-infos.com\/photo\/art\/default\/59880983-43917183.jpg?v=1635476513\" alt=\"Les studios tr\u00e8s \u201cwestern\u201d de la compagnie de Gaston M\u00e9li\u00e8s aux \u00c9tats-Unis.\" width=\"721\" height=\"548\" \/><\/p>\n<div class=\"legende legende_43917183\" style=\"color: #333333;\">Les studios tr\u00e8s \u201cwestern\u201d de la compagnie de Gaston M\u00e9li\u00e8s aux \u00c9tats-Unis.<\/div>\n<div class=\"legende legende_43917183\" style=\"color: #333333;\"><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333;\">On l\u2019a vu, la pluie a \u00e9t\u00e9 un compagnon fid\u00e8le de M\u00e9li\u00e8s qui a perdu beaucoup de temps et d\u2019argent \u00e0 attendre des \u00e9claircies entre Raiatea, la Nouvelle-Z\u00e9lande et le Cambodge.Il a malgr\u00e9 tout r\u00e9ussi \u00e0 tourner soixante-quatre films de dix \u00e0 quinze minutes chacun, confiant de v\u00e9ritables r\u00f4les \u00e0 des Polyn\u00e9siens, des Maoris, des Aborig\u00e8nes et des Cambodgiens qui ne furent pas que des ombres durant ses tournages. Malheureusement, son approche de ces peuples alors tr\u00e8s peu connus du grand public, si elle a \u00e9t\u00e9 respectueuse, \u00e9tait tributaire d\u2019un impond\u00e9rable incontournable, l\u2019humidit\u00e9.La plupart des images tourn\u00e9es par M\u00e9li\u00e8s arriveront aux \u00c9tats-Unis tellement endommag\u00e9es qu\u2019elles s\u2019av\u00e8reront inutilisables. Le plus grand m\u00e9rite de Gaston, par rapport \u00e0 son fr\u00e8re Georges, qui tourna toute sa vie \u00e0 l\u2019abri de studios, c\u2019est d\u2019avoir eu le courage, ou plut\u00f4t le culot, de travailler en plein air, en pleine nature, dans des lieux et des sites souvent improbables.Dans ses publicit\u00e9s d\u2019avant son d\u00e9part, histoire de mettre l\u2019eau \u00e0 la bouche de ses spectateurs, il affirmait avec fiert\u00e9 et audace : \u201cThe Great South Seas Films will be there soon !\u201d.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9poque, Jack London et Paul Gauguin avait mis les Mers du Sud \u00e0 la mode et le public attendit en vain ces fameuses images exotiques en diable. L\u2019humidit\u00e9 a fait plus que le temps pour d\u00e9truire ce travail exceptionnel dont il ne reste que bien peu de choses&#8230;<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui seuls cinq des soixante-quatre films ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s, ainsi que quelques photos et affiches (deux de ces films avaient \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9s \u00e0 Tahiti, le tout premier racontant en fait le d\u00e9part de San Francisco et l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 bon port, \u00e0 Papeete, de toute l\u2019\u00e9quipe, documentaire dans lequel M\u00e9li\u00e8s ajoute un peu de fiction pour rehausser l\u2019int\u00e9r\u00eat du sujet).<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\"><\/div>\n<\/div>\n<div id=\"intertitre_14\" class=\"intertitre before_ resize\" style=\"color: #bb1929;\"><br class=\"access\" style=\"color: #bb1929;\" \/><\/p>\n<h2 class=\"access\" style=\"color: #bb1929;\">Qu\u2019a produit Gaston M\u00e9li\u00e8s ?<\/h2>\n<\/div>\n<div id=\"para_14\" class=\"para_43917193 resize\">\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333; text-align: justify;\">Pas facile de suivre la production de Gaston M\u00e9li\u00e8s entre les \u00c9tats-Unis et le vaste Pacifique, car tr\u00e8s peu de ses courts m\u00e9trages ont surv\u00e9cu aux affres du temps.Il semble acquis que ce dernier commen\u00e7a \u00e0 tourner en septembre 1909 \u00e0 proximit\u00e9 de New-York, \u00e0 Fort Lee puis \u00e0 Brooklyn. Pr\u00e9c\u00e9demment, on lui devait trois tr\u00e8s petites productions : \u00a0The Yacht Race : Reliance \u2013 Shamrock III en ao\u00fbt 1903, Inauguration Subjects en f\u00e9vrier 1905 et The Centennial Celebration en mai 1908, titres int\u00e9gr\u00e9s aux productions de son fr\u00e8re, Georges M\u00e9li\u00e8s.A Brooklyn et \u00e0 Fort Lee, Gaston mit en bo\u00eete une quinzaine de films en 1909. Une fois install\u00e9e \u00e0 San Antonio, la machine \u00e0 westerns acc\u00e9l\u00e9ra son rythme, puisque la G.M.M.C., G. M\u00e9li\u00e8s Manufacturing Company, r\u00e9alisa plus de soixante histoires de cow-boys et d\u2019Indiens.<strong>Cadence industrielle<\/strong><\/p>\n<p>En avril 1911, Gaston s\u2019installa \u00e0 Santa Paula, pr\u00e8s de Los Angeles. A Sulphur Mountain Springs, il tourna une quarantaine de films puis \u00e0 Santa Paula m\u00eame, en d\u00e9cembre 1911, il r\u00e9alisa une cinquantaine de films. La cadence, on le voit, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 industrielle.<br \/>\nEnfin, apparemment lass\u00e9 de tourner en rond autour des m\u00eames sujets, il partit en 1912 \u00e0 l\u2019assaut du Pacifique pour y tourner soixante-quatre autres films. Au total, on lui doit donc environ deux cent quarante films dont tr\u00e8s peu ont subsist\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 nos jours ; il en resterait une dizaine, m\u00eame si les sc\u00e9narios, eux, ont \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9s gr\u00e2ce aux distributeurs am\u00e9ricains et \u00e0 leurs catalogues.<\/p>\n<p>Sur le march\u00e9 fran\u00e7ais, certains de ces films ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s avec des titres en Fran\u00e7ais bien \u00e9videmment, comme, entre d\u00e9cembre 1911 et juin 1912, L\u2019amour r\u00e9dempteur, Une bonne plaisanterie, Reportage \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine, D\u00e9ception paternelle, Le secret du nuage rouge, Farce de cow-boy, Vengeance de mineurs, Le choix d\u2019un cuisinier, Le faussaire, Joe l\u2019innocent, Lequel des deux ?, Terrible le\u00e7on, Au c\u0153ur de la prairie, Les sept lingots d\u2019or.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\"><\/div>\n<\/div>\n<div id=\"intertitre_15\" class=\"intertitre before_ resize\" style=\"color: #bb1929;\"><br class=\"access\" style=\"color: #bb1929;\" \/><\/p>\n<h2 class=\"access\" style=\"color: #bb1929;\"><span style=\"color: #000000;\">Quelques films \u201cPacifique\u201d<\/span><\/h2>\n<\/div>\n<div id=\"para_15\" class=\"para_43917194 resize\">\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333;\"><span style=\"color: #000000;\">\uf0b7 \u00a01913 :\u00a0<em>A Ballad of the South Seas\u00a0<\/em><br \/>\n\uf0b7 \u00a01913 :\u00a0<em>Captured by Aboriginals\u00a0<\/em><br \/>\n\uf0b7 \u00a01913 :\u00a0<em>Gold and the Gilded Way\u00a0<\/em><br \/>\n\uf0b7 \u00a01913 :\u00a0<em>Hinemoa<\/em><br \/>\n\uf0b7 \u00a01913 :\u00a0<em>How Chief Te Ponga Won His Bride\u00a0<\/em><br \/>\n\uf0b7 \u00a01913 :\u00a0<em>It Happened in Java\u00a0<\/em><br \/>\n\uf0b7 \u00a01913 :<em>\u00a0Javanese Dancers\u00a0<\/em><br \/>\n\uf0b7 \u00a01913 :\u00a0<em>Loved by a Maori Chieftess\u00a0<\/em><br \/>\n\uf0b7 \u00a01913 :\u00a0<em>The Black Trackers\u00a0<\/em><br \/>\n\uf0b7 \u00a01913 :\u00a0<em>The Foster Brothers\u00a0<\/em><br \/>\n\uf0b7 \u00a01913 :\u00a0<em>The Gypsy&rsquo;s Warning\u00a0<\/em><br \/>\n\uf0b7 \u00a01913 :\u00a0<em>The Misfortunes of Mr. and Mrs. Mott on Their Trip to Tahiti<\/em><br \/>\n\uf0b7 \u00a01913 :\u00a0<em>The Stolen Claim\u00a0<\/em><br \/>\n\uf0b7 \u00a01913 :\u00a0<em>The Stolen Tribute to the King\u00a0<\/em><br \/>\n\uf0b7 \u00a01913 :\u00a0<em>The Sultan&rsquo;s Dagger\u00a0<\/em><br \/>\n\uf0b7 \u00a01913 :\u00a0<em>Unmasked by a Kanaka\u00a0<\/em><br \/>\n\uf0b7 \u00a01913 :\u00a0<em>What Is Sauce for the Goose\u00a0<\/em><br \/>\n\uf0b7 \u00a01914 :\u00a0<em>Cabby&rsquo;s Nightmare<\/em><\/span><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\"><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><\/div>\n<\/div>\n<div id=\"intertitre_16\" class=\"intertitre before_top resize\" style=\"color: #bb1929;\"><br class=\"access\" style=\"color: #bb1929;\" \/><\/p>\n<h2 class=\"access\" style=\"color: #bb1929;\">A Tahiti, Max Bopp du Pont&#8230;<\/h2>\n<\/div>\n<div id=\"para_16\" class=\"para_43917213 resize\">\n<div class=\"photo shadow top\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"not-responsive aligncenter\" title=\"Max Bopp du Pont a commenc\u00e9 \u00e0 prendre des photos et \u00e0 tourner quelques sc\u00e8nes peu apr\u00e8s le passage de l\u2019\u00e9quipe de M\u00e9li\u00e8s, mais il avait des moyens tr\u00e8s limit\u00e9s. Ici Papeete, apr\u00e8s le bombardement par les Allemands.\" src=\"https:\/\/www.tahiti-infos.com\/photo\/art\/default\/59880983-43917213.jpg?v=1635476587\" alt=\"Max Bopp du Pont a commenc\u00e9 \u00e0 prendre des photos et \u00e0 tourner quelques sc\u00e8nes peu apr\u00e8s le passage de l\u2019\u00e9quipe de M\u00e9li\u00e8s, mais il avait des moyens tr\u00e8s limit\u00e9s. Ici Papeete, apr\u00e8s le bombardement par les Allemands.\" width=\"721\" height=\"425\" \/><\/div>\n<div class=\"photo shadow top\"><\/div>\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333; text-align: justify;\">Lorsque toute l\u2019\u00e9quipe de M\u00e9li\u00e8s d\u00e9barqua \u00e0 Tahiti, elle se fit \u00e9videmment remarquer puisque c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois que de Californie arrivait toute une troupe d\u2019acteurs et de techniciens. Mais bien plus modestement \u00e0 Tahiti, Max Bopp du Pont, fils du peintre Max Bopp du Pont (arriv\u00e9 \u00e0 Tahiti en 1903 et reparti en France avant 1914), \u00e9tait lui aussi fascin\u00e9 par la photographie et surtout le cin\u00e9ma, ces \u201cimages qui bougeaient\u201d.Le p\u00e8re O\u2019Reilly nous apprend que ce jeune Max fit une carri\u00e8re de photographe et de cin\u00e9aste, m\u00eame si ses moyens \u00e9taient bien plus modestes que ceux de M\u00e9li\u00e8s. \u201c<em>C\u2019est lui qui fournit les photographies destin\u00e9es \u00e0 l\u2019illustration du tome XIV de la \u201cNouvelle g\u00e9ographie naturelle\u201d d\u2019Elis\u00e9e Reclus. En 1912, il prend de vues cin\u00e9matographiques et vers cette \u00e9poque, obtient de Pierre Loti l\u2019autorisation de filmer Rarahu, projet que la guerre fera abandonner. En 1913, il filme le 14 juillet \u00e0 Papeete. Engag\u00e9 volontaire le 7 ao\u00fbt 1914, il sert sous les ordres du commandant Destremeau. Il filme, au lendemain du 22 septembre, les ruines de la ville et la Walk\u00fcre, prise allemande de la Z\u00e9l\u00e9e. Travaille apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre<\/em>\u00a0<em>mondiale comme cam\u00e9raman et est membre de l\u2019American Society of Cinematographers et l\u2019inventeur d\u2019un proc\u00e9d\u00e9 de photographies en couleur<\/em>.\u201dPlus tard, il r\u00e9pondra \u00e0 l\u2019appel du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle et il sera d\u00e9cor\u00e9 de la m\u00e9daille de la R\u00e9sistance. Malheureusement, \u00e0 No\u00ebl 1957, un incendie se produisit au sein du bloc de maisons de la pharmacie Jacquier et tous ses clich\u00e9s et films auraient alors \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\"><\/div>\n<\/div>\n<div id=\"intertitre_17\" class=\"intertitre before_top resize\" style=\"color: #bb1929;\"><br class=\"access\" style=\"color: #bb1929;\" \/><\/p>\n<h2 class=\"access\" style=\"color: #bb1929;\">Des acteurs de couleur<\/h2>\n<\/div>\n<div id=\"para_17\" class=\"para_43917215 resize\">\n<div class=\"photo shadow top\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"not-responsive aligncenter\" title=\"1912 : Tahiti au temps des premiers tournages\" src=\"https:\/\/www.tahiti-infos.com\/photo\/art\/default\/59880983-43917215.jpg?v=1635476646\" alt=\"1912 : Tahiti au temps des premiers tournages\" width=\"721\" height=\"1023\" \/><\/div>\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333;\"><\/div>\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333; text-align: justify;\">Alors qu\u2019aux \u00c9tats-Unis, les studios, lorsqu\u2019ils veulent mettre en sc\u00e8ne un personnage de couleur barbouillent maladroitement un acteur blanc, Gaston M\u00e9li\u00e8s, il faut lui rendre cet hommage, ne s\u2019embarrasse pas de telles pudibonderies racistes. Ce qu\u2019il veut, ce sont des vrais acteurs et il embauchera donc, y compris pour des r\u00f4les importants, des Tahitiens, des Maoris, des Aborig\u00e8nes, des Cambodgiens.<br \/>\nEn Nouvelle-Z\u00e9lande par exemple, le premier r\u00f4le du film Hinemoa est tenu par une actrice maorie et Gaston M\u00e9li\u00e8s n\u2019h\u00e9sita d\u2019ailleurs pas \u00e0 faire la publicit\u00e9 de son film en mettant en avant cette actrice \u201cindig\u00e8ne\u201d.Ces acteurs locaux, pour Gaston M\u00e9li\u00e8s attireraient indubitablement les spectateurs, d\u2019autant plus qu\u2019ils jouaient somme toute avec naturel, par rapport aux acteurs du muet de l\u2019\u00e9poque qui avaient l\u2019habitude de surjouer, comme ils le faisaient au th\u00e9\u00e2tre.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\" style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<\/div>\n<div id=\"intertitre_18\" class=\"intertitre before_ resize\" style=\"color: #bb1929;\"><br class=\"access\" style=\"color: #bb1929;\" \/><\/p>\n<h2 class=\"access\" style=\"color: #bb1929;\">A Tahiti, implacable censure pour les cin\u00e9mas<\/h2>\n<\/div>\n<div id=\"para_18\" class=\"para_43917230 resize\">\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333; text-align: justify;\">Dans le volume IV du M\u00e9morial polyn\u00e9sien (1891-1913), si on ne fait pas de r\u00e9f\u00e9rence aux tournages de Gaston M\u00e9li\u00e8s, en revanche on trouve cet extrait d\u2019un article dat\u00e9 de juillet 1912, paru \u00e0 Paris dans la revue Oc\u00e9anie Fran\u00e7aise.<br \/>\n<em>\u201cLes plaisirs de l\u2019Europe moderne ont p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 en Oc\u00e9anie avec les cin\u00e9matographes et ont donn\u00e9 lieu \u00e0 la cr\u00e9ation \u00e0 Papeete de deux \u00e9tablissements rivaux avec de nombreuses succursales dans les districts et les archipels. Les indig\u00e8nes sont tr\u00e8s friands de ces repr\u00e9sentations et, \u00e0 ce titre, la cr\u00e9ation de ce genre de spectacles peut devenir un bienfait en aidant au d\u00e9veloppement de besoins nouveaux. Le cin\u00e9matographe pourra \u00eatre, d\u2019autre part, un excellent \u00e9ducateur, si l\u2019on sait s\u00e9lectionner avec soin les films. Malheureusement, les indig\u00e8nes ont marqu\u00e9 un go\u00fbt si exclusif pour tout ce qui est combats, vols, exploits de cow-boys et d\u2019Indiens, etc. qu\u2019il faudra aux entrepreneurs une grande fermet\u00e9 pour ne point d\u00e9velopper des passions dont les regrettables effets ne seraient pas longs \u00e0 se faire sentir.\u201d<\/em>Le 6 novembre 1912, le gouvernement prend un arr\u00eat\u00e9 \u00e9tablissant une forte censure\u00a0:<br \/>\n<em>\u201cConsid\u00e9rant que la repr\u00e9sentation cin\u00e9matographique de sc\u00e8nes criminelles ou violentes peut \u00eatre pour les spectateurs un instrument de d\u00e9moralisation, que cette constatation a amen\u00e9 plusieurs municipalit\u00e9s de France \u00e0 les interdire d\u2019une mani\u00e8re absolue, que cette interdiction est encore mieux justifi\u00e9e lorsqu\u2019elle a pour but de prot\u00e9ger une population nouvellement ouverte \u00e0 la civilisation et naturellement impressionnable.<\/em><strong><em>ARR\u00caTE<\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em>Art 1<sup>er<\/sup>\u00a0:<\/em><\/strong><em>\u00a0Il est interdit de repr\u00e9senter des films cin\u00e9matographiques ayant pour objet des sc\u00e8nes de vols, de cambriolages, ainsi que des sc\u00e8nes de meurtres prises dans la vie contemporaine ou ne se rattachant pas directement \u00e0 un \u00e9pisode historique ou mythologique.<\/em><strong><em>Art 2\u00a0:<\/em><\/strong><em>\u00a0Il est \u00e9galement interdit de reproduire toute vue susceptible de porter atteinte au prestige de la France ou de ses institutions.<\/em><\/p>\n<p><strong><em>Art 3\u00a0:<\/em><\/strong><em>\u00a0Tout entrepreneur de spectacle ayant contrevenu aux dispositions du pr\u00e9sent arr\u00eat\u00e9 sera passible d\u2019une amende de 1 \u00e0 15 Francs. La fermeture de son \u00e9tablissement pourra en outre \u00eatre prononc\u00e9e par mesure administrative pour une p\u00e9riode ne d\u00e9passant pas quinze jours\u00a0; en cas de r\u00e9cidive, cette suspension pourrait \u00eatre prononc\u00e9e pour une p\u00e9riode plus longue<\/em>\u00a0<em>ou m\u00eame \u00eatre d\u00e9finitive<\/em>.\u201d<br \/>\nIl est \u00e0 noter qu\u2019\u00e0 notre connaissance, sauf erreur de notre part, cet arr\u00eat\u00e9 n\u2019a toujours pas \u00e9t\u00e9 abrog\u00e9&#8230;<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\"><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"para_19\" class=\"para_43917231 resize\">\n<div class=\"photo shadow top\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"not-responsive aligncenter\" title=\"Le travail de Gaston M\u00e9li\u00e8s \u00e0 Tahiti a fait l\u2019objet d\u2019un tr\u00e8s beau documentaire sign\u00e9 Rapha\u00ebl Millet\" src=\"https:\/\/www.tahiti-infos.com\/photo\/art\/default\/59880983-43917231.jpg?v=1635475117\" alt=\"Le travail de Gaston M\u00e9li\u00e8s \u00e0 Tahiti a fait l\u2019objet d\u2019un tr\u00e8s beau documentaire sign\u00e9 Rapha\u00ebl Millet\" width=\"652\" height=\"367\" \/><\/p>\n<div class=\"legende legende_43917231\" style=\"color: #333333;\">Le travail de Gaston M\u00e9li\u00e8s \u00e0 Tahiti a fait l\u2019objet d\u2019un tr\u00e8s beau documentaire sign\u00e9 Rapha\u00ebl Millet<\/div>\n<div class=\"legende legende_43917231\" style=\"color: #333333;\"><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"texte\" style=\"color: #333333;\">\n<div class=\"access firstletter\" style=\"color: #333333; text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>A lire<\/strong><br \/>\nJacques Malth\u00eate, fils de Madeleine M\u00e9li\u00e8s, elle-m\u00eame petite-ni\u00e8ce de Gaston M\u00e9li\u00e8s, a publi\u00e9 un ouvrage sur Gaston M\u00e9li\u00e8s intitul\u00e9\u00a0\u201c<em>Le voyage autour du monde de la G. M\u00e9li\u00e8s Manufacturing Company<\/em>\u201d, pr\u00e9sentant notamment toutes les lettres que Gaston avait envoy\u00e9 \u00e0 son fils Paul, qui g\u00e9rait ses affaires aux \u00c9tats-Unis.<br \/>\nL\u2019ouvrage contient \u00e9galement le synopsis des soixante-quatre films tourn\u00e9s lors de cette exp\u00e9dition dans le Pacifique et en Extr\u00eame-Orient (livre disponible \u00e0 partir de 36,05 euros sur Amazon)<\/span><\/span><strong>A voir\u00a0<\/strong><br \/>\nDocumentaire\u00a0:<br \/>\n\u201c<strong>Le voyage cin\u00e9matographique de Gaston M\u00e9li\u00e8s \u00e0 Tahiti<\/strong>\u201d<br \/>\nNocturnes Productions, France T\u00e9l\u00e9visions<br \/>\nR\u00e9alisation\u00a0: Rapha\u00ebl Millet<br \/>\n2014 (51 minutes)<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"clear\"><span style=\"color: #000000;\">\u00a0<\/span><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>R\u00e9dig\u00e9 par Daniel Pardon<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.tahiti-infos.com\/1912-Tahiti-au-temps-des-premiers-tournages_a204685.html\" target=\"_blank\">https:\/\/www.tahiti-infos.com\/1912-Tahiti-au-temps-des-premiers-tournages_a204685.html<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tahiti, le 29 octobre 2021 &#8211;\u00a0Quand on parle de ce\u0301le\u0300bres tournages a\u0300 Tahiti et dans nos i\u0302les, on pense bien su\u0302r immanquablement aux deux versions\u00a0des\u00a0re\u0301volte\u0301s de la Bounty, celle de 1983 avec Mel Gibson bien entendu, mais surtout celle de 1962 avec Marlon Brando dans le ro\u0302le titre. 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